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Louis Vuitton s'offre le deuxième plus gros diamant jamais découvert

Découvert au Botswana, cette pierre de 1.758 carats de la taille d'une balle de tennis, sera présentée la semaine prochaine place Vendôme. Une façon pour le groupe de luxe français de faire valoir son expertise dans la haute-joaillerie.

LVMH ne fait pas les choses à moitié. Après avoir acquis le joailler américain Tiffany, pour plus de 16 milliards de dollars, le groupe de Bernard Arnault, via sa marque Louis Vuitton, s'est permis une petite rallonge pour s'offrir Sewelô, un diamant brut de 1.758 carats. Découvert au Botswana, en avril 2019, cette énorme pierre noire est le deuxième plus gros diamant brut jamais découvert.

Sa valeur est probablement inestimable, le prix de cet achat est d'ailleurs un secret bien gardé. Plus prosaïquement, l'affaire s'est probablement conclue en dizaines de millions de dollars: en 2017, un diamant brut de 1.109 carats s'était vendu pour 45 millions d'euros, après un an de négociations.

L'acquisition de Sewelô est un marqueur important pour Louis Vuitton, qui semble désormais prêt à se lancer à l'assaut de la haute-joaillerie. "Un énorme potentiel" explique au Financial Times, Michael Burke, PDG de la marque. Pour une bague de fiançailles, on pense davantage à Cartier ou Boucheron, désormais il faudra compter sur le fabricant de maroquinerie, dont la diversification (vêtements, montres…) a porté ses fruits ses dernières années.

"Aucun joaillier de la place Vendôme n’aurait osé ce pari"

Alors, depuis une dizaine d'années, Louis Vuitton a accéléré dans le secteur de la haute-joaillerie, notamment en débauchant, en 2018, la designer de Tiffany Francesca Amfitheatrof.

Et l'achat de Sewelô ressemble à un coup de poker. Couvert d'une couche de carbone, le diamant brut n'affiche aucune garantie sur le résultat une fois qu'il sera passé entre les mains des tailleurs. "Nous sommes des malletiers, pas des joailliers", explique Michael Burke au Figaro. "Nous devons être audacieux, cette pierre le prouve. Aucun joaillier de la place Vendôme n’aurait osé ce pari."

Outre Louis Vuitton et Tiffany, LVMH possède aussi Bulgari depuis 2011 et Chomet, acquis en 1999. Il faut dire que le bijou haut-de-gamme est le seul secteur où le groupe n'est pas numéro un, concurrencé par le suisse Richemont (Cartier, Van Cleef & Arpels)

Thomas Leroy