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Livre numérique: Filippetti dénonce les "pratiques inqualifiables" d'Amazon

Aurélie Filippetti s'en est pris au géant américain Amazon.

Aurélie Filippetti s'en est pris au géant américain Amazon. - Miguel Medina - AFP

La ministre de la Culture a fustigé, ce mardi 12 août, les méthodes du géant américain, qu'elle juge "anticoncurrentielles". Amazon a récemment adopté des mesures de rétorsion contre Hachette USA, filiale du groupe Lagardère.

Nouvelle fronde contre Amazon. Aurélie Filippetti a dénoncé les "pratiques inqualifiables" du groupe américain, ce mardi 12 août dans une interview au Monde.

Amazon milite en faveur d'une baisse des prix des "ebooks", qui n'ont selon le groupe de Seattle pas de frais d'édition papier, de stockage ou de distribution. Il se trouve ainsi en conflit ouvert avec Hachette USA, numéro quatre de l'édition aux Etats-Unis et filiale du groupe Lagardère, qui maintient ses tarifs de 14,99 et 19,99 dollars.

"Cet épisode est une nouvelle révélation des pratiques inqualifiables et anticoncurrentielles d'Amazon", a ainsi affirmé la ministre de la Culture française dans le quotidien français. "C'est un abus de position dominante et une atteinte inacceptable contre l'accès aux livres. Amazon porte atteinte à la diversité littéraire et éditoriale."

900 auteurs se mobilisent contre Amazon

Une coalition de 900 auteurs, dont Stephen King et Donna Tartt, avaient dénoncé dans une tribune publiée dimanche par le New York Times les pratiques d'Amazon, qui a adopté des mesures de rétorsion contre Hachette en allongeant par exemple les délais de livraison de ses livres et en bloquant les pré-commandes.

"Les auteurs qui ont signé la tribune ne sont pas tous publiés par Hachette, ils ont simplement conscience de l'intérêt général. Pour ma part, je défends l'écosystème du livre en entier, pas un acteur en particulier", a ajouté la ministre.

La Commission européenne a annoncé début juin qu'elle examinait ce contentieux mais des experts du droit européen de la concurrence estiment qu'il est peu probable qu'elle intervienne dans un différend entre deux sociétés.

La loi « anti-amazon » contournée

La France tente aussi de contrer sur son territoire les ambitions du groupe américain. Le parlement français a adopté le 26 juin une loi dite "anti-Amazon" qui empêche les vendeurs de livres sur internet d'offrir à leurs clients français à la fois un rabais de 5% sur le prix unique et la gratuité des frais de port, une possibilité jugée déloyale par les libraires français. Amazon a riposté le 10 juillet en facturant seulement un centime les frais de port.

"Nous n'avons jamais dit que cette loi allait tout régler. C'était un combat politique", souligne Aurélie Filippetti dans Le Monde. "Nous savions qu'ils allaient chercher à la contourner." Elle ajoute que ce sont "des banderilles que nous continuerons à planter dans le flanc d'Amazon" et se félicite de constater que le syndicat des libraires allemands a déposé une plainte antitrust contre le groupe américain.

Selon un rapport de la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale française, la vente en ligne de livres imprimés est passée de 3,2% du marché en 2003 à 13,1% en 2011.

Y.D avec Reuters