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Les sureffectifs à France Télévisions de nouveau sur la sellette

Le PDG Remy Pflimlin a promis une baisse de 650 postes d'ici 2015

Le PDG Remy Pflimlin a promis une baisse de 650 postes d'ici 2015 - -

La députée socialiste Martine Martinel déplore que les chaînes publiques ont continué à recruter en 2011 et 2012, alors qu'elles avaient promis à l'Etat de stabiliser leurs effectifs.

Martine Martinel ne lâche pas l'affaire. Il y a un an, la députée socialiste avait rendu un rapport sévère sur France Télévisions. Un an après, elle en remet une couche, à l'occasion d'un avis rendu sur le budget pluri-annuel (contrats d'objectifs et de moyens).

Dans son collimateur: les sureffectifs des chaînes publiques. "Dans un contexte de dégradation des ressources du groupe, et alors même que le groupe s’était engagé à une stabilité des effectifs en 2011 et 2012, les effectifs ont augmenté en 2011 et 2012", pointe-elle, en "regrettant ces dérapages".

Une hausse d'autant plus suprenante que les chaînes publiques ont pourtant mené "deux plans de départs volontaires à la retraite, qui ont concerné au total plus de 800 personnes, et ont coûté 58 millions d’euros".

Plus de salariés donc plus de locaux

Précisément, l’effectif a augmenté de 190,3 équivalents temps plein en 2011 pour atteindre 10.397 salariés. Cela est notamment dû "à l’augmentation des effectifs non permanents (+ 228), recrutés notamment par les antennes régionales de France 3".

"Au cours des premiers mois de 2012, l’augmentation des effectifs s’est poursuivie, aussi bien pour les permanents que les non permanents, ce qui traduit un pilotage insatisfaisant des effectifs", déplore la députée.

Cette hausse de l'effectif "a entraîné des dépenses supplémentaires de prise à bail de surfaces supplémentaires de locaux, malgré la construction d’un nouvel immeuble (Valin)".

Toutefois, France Télévisions "s’est engagé à partir du deuxième trimestre 2012 dans un processus de réduction de l’emploi précaire, qui se traduit en 2013 par le retour de l’effectif global à son niveau de 2010".

Les précaires se rebiffent

Problème: "le recours aux non-permanents est souvent abusif sur le plan juridique, et entraîne de coûteuses condamnations judiciaires, ou de coûteuses transactions, compte tenu des requalifications en contrat à durée indéterminée (CDI) à temps plein".

Résultat : "le nombre des contentieux engagés par les personnels non permanents, dans le but d’obtenir une requalification en CDI, a augmenté avec le plan de réduction de l’emploi non permanent, qui succèdait à une phase de recours accru et important aux non permanents. Pour le seul premier trimestre 2013, l’entreprise a enregistré trois fois plus de litiges qu’en 2012".

La Tribune avait notamment révélé qu'un technicien monteur avait touché 206.000 euros, puis qu'un technicien vidéo a touché 103.000 euros. Tous deux avaient enchaîné 10 ans de CDD... Enfin, "les modifications successives de l'organisation ont engendré une situation de risques psycho-sociaux préoccupante".

Rappelons qu'un nouveau plan de départs volontaires doit être présenté en comité central d'entreprise ce mardi 15 octobre. Selon Satellifax, il porterait sur 361 postes, réduisant l'effectif permanent à 8.725,8 postes dans l'entreprise unique.

Au total, le budget pluri-annuel prévoit une diminution de 650 équivalents temps plein d'ici 2015, portant l'effectif global à 9.750 salariés.

Jamal Henni