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France Télévisions promet de réduire enfin ses effectifs

La traditionnelle conférence de rentrée a plus été consacrée aux mesures d'économies qu'aux programmes

La traditionnelle conférence de rentrée a plus été consacrée aux mesures d'économies qu'aux programmes - -

Un plan de départs volontaires portant sur 600 postes va être lancé. Les chaînes publiques veulent ainsi mettre fin à la hausse continue de leur effectif, qui a encore cru de 1% en 2012.

"Ce n'est plus vrai que France Télévisions est incapable de réformer sa structure", ont martelé mardi 27 août les dirigeants des chaînes publiques.

En effet, la traditionnelle conférence de rentrée a plus été consacrée à lister les mesures d'économies que les nouveaux programmes -qui avaient déjà annoncées en juillet.

Les chaînes publiques ont notamment annoncé qu'un plan de départ volontaires sera présenté en octobre aux représentants du personnel. Son objectif est une réduction nette de 600 équivalents temps plein, a indiqué le PDG Rémy Pflimlin.

Enrayer la croissance des effectifs

L'effectif se chiffre actuellement à 10.200 personnes, a précisé Rémy Pflimlin.

Avec ce plan de départ, l'entreprise devrait donc atteindre l'objectif qui figure dans budget pluri-annuel négocié avec l'Etat cet été: 9.750 équivalents temps plein en 2015, soit "une diminution de l'ordre de 650 équivalents temps plein par rapport au budget 2012" (10.400 équivalents temps plein), indique le texte.

D'ores et déjà, l'effectif a été diminué de 500 équivalents temps plein par rapport à mi-2012, ce qui permis d'atteindre "le niveau le plus bas depuis 2007", a souligné mardi le directeur général délégué Martin Ajdari.

Hausse de la précarité

Objectif: enrayer enfin la hausse continue du personnel enregistrée ces dernières années, notamment depuis l'arrivée de Remy Pflimlin. L'effectif, après avoir cru de 1,8% en 2011, a encore cru en 2012 de 87 équivalents temps plein, pour atteindre 10.484 équivalents temps plein en moyenne sur l'exercice. "L'année 2012 a été marquée par une forte dérive des effectifs au 1er semestre, corrigée au cours du 2e semestre", indiquent les comptes.

Cette hausse a plusieurs explications. Certes, deux plans de départs volontaires ont déjà été lancés en 2007, puis 2009, mais ils se limitaient à proposer des pré-retraites aux seniors. Surtout, la plupart de ces postes ont été remplacés.

Parallèlement, les contrats précaires (intermittents, CDD, pigistes...) ont beaucoup augmenté ces dernières années. Le taux de salariés non permanents, après avoir atteint un point bas en 2009 (à 16,2%) est ensuite remonté à 19,1% en 2011, puis 18,2% en 2012 (soit plus que les 18% prévus dans le contrat d'objectif et de moyens). Le groupe a promis mardi "un plan volontariste de réduction de la précarité".

A cela s'ajoutent des explications circonstancielles: les moyens nécessaires à la couverture de la présidentielle de 2012, et la désorganisation temporaire crée par la mise en place d'une entreprise unique.

Economies tous azimuts

Par ailleurs, les chaînes publiques ont aussi expliqué vouloir rogner sur d'autres dépenses. Entre 2011 et 2013, les achats ont ainsi baissé de de 15% (soit 7 millions d'euros), et les dépenses de communication de 20%. Tandis que les frais de mission et de transports étaient réduits de 10%. Enfin, certaines émissions commandées à des producteurs externes sont achetées moins chères suite à des audits menés par France Télévisions.

"C'est un effort d'économies sans précédent", a assuré Martin Ajdari.

Jamal Henni