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Les livres d’économie qu’il faut lire cet été

Bel été et bonne lecture !

Bel été et bonne lecture ! - hsv-westfalen-de- CC

C’est l’un des grands plaisirs de la préparation des vacances : choisir les livres que l’on va emporter pour nourrir intellectuellement la trêve estivale. Une fois encore, la saison a été riche pour la littérature économique et les bons livres nombreux.

Parfois, une sévère sélection s'impose vu le nombre de choses que l'on doit glisser dans sa valise.. et le temps qui n'est pas extensible. S’il fallait ne lire qu'un seul livre cet été, ce serait "La gauche, la droite et le marché", de David Spector, (Éditons Odile Jacob)

Impossible de partir en vacances sans le lauréat du grand prix du livre d’économie de l’année BFM business. Pourquoi les mécanismes de marché suscitent-ils en France une méfiance plus grande qu’à l’étranger ? Pourquoi, particulièrement, la gauche peine-t-elle à concilier plus qu’ailleurs l’adhésion au marché et l’aspiration égalitaire ? David Spector démonte les ressorts historiques de cette méfiance si française. Indispensable pour éclairer les débats politiques actuels.

Les livres traitant de la révolution numérique :

"La chute de l’empire humain" de François Roche et Charles Edouard Boué (Éditions Grasset). Le procédé est romanesque, puisque c’est un robot qui nous raconte la grande saga de l’intelligence artificielle. Mais tous les défis des décennies à venir sont posés, sur la base des travaux d’experts les plus complets et les plus récents. Leur conclusion est encourageante: l’homme ne deviendra l’esclave des machines que s’il cède à la paresse et à l’oisiveté…

"Big bang blockchain" de Stéphane Loignon ( Éditions Taillandier)

C’est une nouvelle technologie complexe, une révolution conceptuelle et un outil qui va révolutionner nos vies. Pas moins. Et pourtant qui comprend vraiment les tenants et aboutissants de la blockchain ? C’est tout l’intérêt de ce livre très pédagogique

Autre tendance de l’année : les livres qui utilisent les matières premières pour raconter la mondialisation. 

"L’empire de l’or rouge" de Jean baptiste Malet, (Éditions Fayard)

Pour comprendre ce qu’on mange vraiment en ouvrant une boite de sauce tomate ou une bouteille de ketchup.

"Le miel, enquête sur le nouvel or jaune" de Béatrice Mathieu, (Éditions François Bourin)

Nous aimerions que le miel demeure un produit de proximité, loin des lois impérieuses de l’économie, et qu’il reste authentique, naturel. Hélas, il n’en est rien… 

"Diamants, enquête sur un marché impur" de Marc Roche (Éditions Taillandier)

Pour pénétrer dans un des univers les plus secrets, les plus romanesques et les plus surprenants de l’économie mondiale

Un créneau toujours porteur: la lutte contre les idées reçues, avec trois livres :

"Non ce n’était pas mieux avant" de Johan Norberg (Éditions Plon)

Le journaliste écrivain suédois est catégorique : le bon vieux temps c’est maintenant! L’humanité a davantage progressé au cours des cent dernières années que depuis l’apparition de l’homme.

"L’immigration en France, mythes et réalités" d'El Mouhoub Mouhoud (Éditions Fayard) : Pour remettre de la rationalité dans un débat passionnel

"Bordélique, le pouvoir du désordre pour transformer votre vie" de Tim Hartford, ( Éditions De Boeck supérieur)

Un livre salutaire et déculpabilisant qui démontre à quel point la créativité, l’enthousiasme et l’humanité véritables peuvent émerger des moments bordéliques de notre vie et non de ceux qui sont bien organisés.

Pas de livres d’été sans grandes fresques :

"Les luttes et les rêves" de Michelle Zancarini Fournel (Éditions Zones)

Une fabuleuse histoire de la France populaire, de ses combats, depuis 1685. Une œuvre monumentale. 

"La grève" d'Ayn Rant ( Éditions Les belles lettres)

Un livre culte, considéré comme le deuxième livre le plus influent aux États-Unis après la bible. Il était donc plus que temps qu’un éditeur, en l’occurrence Les belles lettres publie enfin une traduction digne de ce nom, de cette ode au libéralisme et à l’individualisme assumé.

Pas de lecture d’été non plus sans biographies :

"Volpi prince de la Venise moderne" de Bernard Poulet (Éditions Michel de Maule)

La Venise que fait revivre le journaliste dans ce livre en surprendra plus d’un, à travers le parcours flamboyant de Guiseppe Volpi, "le dernier doge ". Parce qu’on l’a oublié aujourd’hui, mais sous le fascisme, la Venise de Volpi va connaître sa période la plus flamboyante depuis l’apogée de la République de Venise au 15e siècle.

"Poincaré" de Georges Valance ( Éditions Perrin). 

Raymond Poincaré fait partie des trois "recours" que la France a connu dans son histoire moderne avec Adolphe Tiers et Charles de Gaulle, assure Georges Valance. C’est l’homme qui, l’air de rien, va sauver la France deux fois : en 1917, quand il appelle Clémenceau, et en 1926, quand il stabilise le franc et nous sauve d’une crise à l’allemande. Leçons très actuelle d’un redressement " à la française"

Enfin pour terminer, le livre le plus synthétique de la saison sur tous les grands problèmes mondiaux :

"Les lames de fonds se rapprochent" de Jacques de Larosière, (Éditions Odile Jacob)

Il est des périodes troublées, des périodes de bouleversement au cours desquelles il est toujours instructif d’écouter les grands sages. Et Jacques de Larosière est incontestablement de ceux là.

Bel été, et bonne lecture !

Emmanuel Lechypre