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Les ex-Lejaby mettent en cause les banques dans leur faillite

Depuis le début de l'année, les Atelières ont reçu des commandes pour la fabrication de 15.000 pièces.

Depuis le début de l'année, les Atelières ont reçu des commandes pour la fabrication de 15.000 pièces. - -

"Les Atelières", une coopérative d'ex-ouvrières du fabricant de lingerie Lejaby, vont se placer en liquidation judiciaire à la fin de cette semaine. Les commandes sont au rendez-vous, mais la frilosité des banques a provoqué l'arrêt des machines.

Les Atelières vont mettre la clé sous la porte. Vendredi 7 mars, Muriel Pernin, la présidente fondatrice de la coopérative d'intérêt collectif (SCIC) va demander son placement en liquidation judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lyon.

Ce petit atelier, implanté à Villeurbanne, dans le Rhône, a une certaine notoriété. Il a été créé il y a deux ans par cinq ouvrières licenciées par Lejaby. Leur volonté était de faire perdurer le savoir-faire français dans la corseterie haut de gamme. Mais aussi de créer des emplois : les Atelières comptent 30 salariés.

Et les clients sont là : Philippe Solze, directeur administratif et financier des Atelières, reconnaît avoir déjà reçu des commandes de 14 à 15.000 pièces depuis le début de l'année, pour un total de 35.000 pièces prévues dans l'année. Et l'atelier compte parmi ses clients la maison Lejaby, reprise par Alain Prost lors de sa liquidation judiciaire en 2011. 

La BPI mise en cause

Mais le financement ne suit pas. Muriel Pernin voulait récolter 500.000 euros pour sauver sa société, via un fonds de revitalisation. Peine perdue, l’argent n’est jamais arrivé.

La faute surtout à des banques frileuses, qui n’ont validé aucun prêt. Dans son viseur, aussi, la Banque Populaire d’investissement (BPI), qui soutient financièrement l’innovation technique, et non la création de nouveaux modèle d’organisation et de production.

"Les banques sont plus fortes que la République, ce sont elles qui décident d'exécuter des PME et des chefs d'entreprise tous les jours", regrette Muriel Pernin. Mais elle garde l'espoir d'un rebondissement de dernière minute qui lui permettrait de relancer l'atelier.

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