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Les Echos lancent leur magazine du week end

Le magazine du week end comptera 80 pages en rythme de croisière

Le magazine du week end comptera 80 pages en rythme de croisière - Les Echos

Le quotidien économique appartenant à LVMH est sorti du rouge l'an dernier grâce à sa stratégie de diversification.

La presse écrite mène à tout à condition d'en sortir. Telle pourrait être la devise de Francis Morel. Arrivé à la tête des Echos en octobre 2011, il applique la même stratégie qu'il avait menée avec succès au Figaro: miser sur les diversifications tous azimuts pour compenser le déclin inéluctable du quotidien papier.

Il y a un an, Francis Morel a ainsi racheté 80% d'une société spécialisée dans l'information sur les marchés publics, Dematis, qui est très rentable (35% de marge nette en 2014). Le mois dernier, il a aussi lancé un site web visant les jeunes diplômés, Les Echos Start.

Sortie du rouge

La filiale de LVMH tente aussi de développer l'abonnement payant au site du quotidien, et revendique aujourd'hui 30.000 abonnés purement numériques (+41% en un an), soit un tiers du portefeuille total d'abonnés.

Une stratégie qui s'avère payante: le groupe est enfin sorti du rouge en 2014, dégageant un bénéfice d'exploitation de 200.000 euros (cf. ci-dessous). Même si le résultat net du groupe reste déficitaire, plombé par l'amortissement de l'acquisition du journal en 2008 pour 240 millions d'euros (plus 107 millions d'euros de reprise de dettes). Et le PDG promet d'être "encore rentable en 2015".

Nouveau magazine

Mais Francis Morel ne délaisse pas non plus le bon vieux papier. Ce vendredi 2 octobre sort ainsi un nouveau magazine de fin de semaine, Les Echos Week End, qui remplace le mensuel Enjeux. Vendu 4 euros avec l'édition de vendredi du quotidien économique, le titre vise une diffusion de 130.000 exemplaires.

Cet hebdomadaire bénéficie d'une rédaction dédiée de 25 journalistes, dont 5 recrutés pour l'occasion. L'investissement de départ est chiffré à un million d'euros, auxquels s'ajoute une campagne de communication de 4 millions d'euros bruts.

Le magazine vise l'équilibre "à la fin de la première année". Il compte pour cela sur une hausse de la diffusion de 10%, mais surtout de la publicité, qui occupe déjà 50 des 130 pages du premier numéro. "Nous serions très contents si les recettes pub étaient multipliées par deux", a espéré Bénédicte Epinay, directrice déléguée de la rédaction du magazine.

Et bientôt Le Parisien...

Le prochaine étape sera bien sûr le rachat du Parisien, pour une somme estimée à 50 millions d'euros par le Figaro. L'opération n'attend plus que le feu vert du gendarme de la concurrence.

"Nous ne pouvions pas rester un petit groupe isolé face à la concentration en cours", a justifié Francis Morel. Tout en admettant qu'il n'y avait "aucune synergie éditoriale" entre les deux quotidiens, ni "rien en commun" sur le web. Toutefois, une régie publicitaire commune reste envisageable, mais "pas immédiatement".

Les résultats du Groupe Les Echos (en millions d'euros)

Chiffre d'affaires
2012: 153 2013: 152 2014: 155 2015: 160 (prévision)

Résultat d'exploitation
2012: -6,5 2013: -2,7 2014: +0,2

Résultat net
2012: -34 2013: -25 2014: -24

Source: BFM Business

Le Groupe Les Echos (en 2014)

Les Echos SAS
Chiffre d'affaires: 89,8 Résultat net: -2,4

Investir
Chiffre d'affaires: 14,9 Résultat net: +1,1

Radio Classique
Chiffre d'affaires: 9,4 Résultat net: -1,6

Connaissance des arts
Chiffre d'affaires: 7,5 Résultat net: +0,1

Les Echos Medias
Chiffre d'affaires: 49,7 Résultat net: -0,5

Les Echos Publishing
Chiffre d'affaires: 9,9 Résultat net: +1,9

Les Echos Management
Chiffre d'affaires: 8,2 Résultat net: -0,1

Les Echos Business
Chiffre d'affaires: 18,6 Résultat net: +0,4

Les Echos Legal
Chiffre d'affaires: 2,2 Résultat net: -0,5

Regiepress
Chiffre d'affaires: 3,9 Résultat net: +0,2

Dematis
Chiffre d'affaires: 2,5 Résultat net: +0,9

Source: comptes sociaux

Jamal Henni