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Le voyagiste TUI France dégraisse à la suite de sa nouvelle acquisition

L'Allemand TUI a bouclé le rachat, pour 54,5 millions d'euros, des activités France de Transat, ce qui lui permet de retrouver sa place de premier opérateur de voyage sur le marché français.

L'Allemand TUI a bouclé le rachat, pour 54,5 millions d'euros, des activités France de Transat, ce qui lui permet de retrouver sa place de premier opérateur de voyage sur le marché français. - Julian Stratenschulte-dpa-AFP

Le rachat de Transat France (Look Voyages) fait de TUI le numéro un des voyagistes intégrés en France. Un plan de départs volontaires concerne déjà la future entité née de cette acquisition. La fusion juridique des deux voyagistes sera effective d'ici un an.

Le rachat de Transat France (Look Voyages, Vacances Transat) par le numéro un mondial du tourisme TUI ne se fera pas à périmètre constant au niveau des effectifs. Un plan de départs volontaires sera lancé en 2017, à la fois chez Transat France et TUI France.

"Il y aura forcément des doublons dans plusieurs services, on ne va pas se raconter d'histoires", a indiqué Pascal de Izaguirre, président de TUI France même si le nombre précis de départs ciblés ne sera pas connu avant plusieurs mois. TUI France comptait à fin septembre 717 salariés, et Transat France 582. "Ce n'est pas un PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi, NDLR), et je suis optimiste, je fais le pari qu'il y aura assez de départs", a ajouté le PDG.

TUI France est passée de 1.600 à 700 salariés depuis 2012 

En France, la filiale du voyagiste allemand (qui a racheté Nouvelles Frontières et Marmara), n'en est pas à son coup d'essai en la matière. Elle déjà effectué des plans sociaux ou de départs volontaires par le passé. "Lors de la constitution de TUI France en 2012, on comptait 1.600 personnes, et nous sommes 700 aujourd'hui, tout s'est fait sur des départs volontaires", a-t-il souligné.

"Il faut compter douze mois pour la fusion effective, et si on fait ça en un an, ce sera déjà remarquable. La fusion sera donc effective pour l'exercice 2017/2018", a-t-il dit. L'objectif de TUI est de présenter en février 2017 l'ensemble des éléments sociaux et financiers sur l'opération, et de solliciter en avril l'avis des représentants du personnel sur la fusion juridique.

Le rachat de Transat avait été validé sans conditions

La fusion des voyagistes Transat France et TUI France, validée par Bruxelles fin octobre 2016 sans conditions, devrait être "effective" d'ici un an, selon Pascal de Izaguirre le PDG de la nouvelle entité qui se dit "optimiste" sur la réalisation d'un plan de départs sur la base du volontariat.

Tous les acteurs du tourisme souffrent du contexte de crise en lien notamment avec les attentats, il y a des pressions très fortes sur les marges et les économies d'échelle peuvent donc être importantes", selon lui.

Ces suppressions d'emploi annoncées n'ont fait que confirmer les craintes des salariés de Transat France dont TUI a bouclé le rachat, pour 54,5 millions d'euros, ce qui lui permet de retrouver sa place de premier opérateur intégré de voyages sur le marché français.

Le PDG de Transat France a été remercié très rapidement

Ce rapprochement avait suscité, dès son annonce, l'inquiétude des syndicats de Transat France (560 salariés), quatrième voyagiste intégré dans l'hexagone. En juin 2016, le comité d'entreprise avait même émis un avis négatif. Il avait demandé en référé que soient communiqués à son cabinet d'experts les documents nécessaires à l'analyse de l'opération. Le tribunal de grande instance de Créteil doit d'ailleurs rendre sa décision le 10 novembre.

Ces inquiétudes ont été renforcées par le limogeage express, en début de semaine, le 31 octobre 2016, du PDG de Transat France, Patrice Caradec, et son remplacement par Pascal de Izaguirre, l'actuel patron de TUI France.

Frédéric Bergé avec AFP