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Le vin va-t-il être encore taxé?

La résistance s'organise pour empêcher une nouvelle taxe sur le vin.

La résistance s'organise pour empêcher une nouvelle taxe sur le vin. - -

Une mission sénatoriale doit remettre son rapport sur la fiscalité comportementale. Le vin, en raison de son potentiel néfaste pour la santé, pourrait être visé. Mais la résistance s'est déjà organisée, au sein même du Sénat.

"Servez leur du bon vin, ils vous feront de bonnes lois". Plusieurs sénateurs socialistes semblent avoir repris à leur compte la phrase de Montaigne.

Mercredi 15 mai, ces parlementaires se sont fendus d’un communiqué pour s’opposer à une éventuelle nouvelle taxe sur le vin.

Dans leur viseur, le futur rapport de la Mission d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (Mecss) du Sénat consacré à la fiscalité comportementale. Celui-ci devrait être publié à la fin du mois de juin, et pourrait proposer de taxer le vin en raison de ses effets néfastes sur la santé.

Un des premiers produits d'exportation français

Une solution qui fait bondir les professionnels du secteur, mais pas seulement. Au sein même du Palais du Luxembourg, un véritable lobby s’organise pour que cette taxe ne voit jamais le jour.

Parmi les signataires du communiqué, on retrouve sans surprise François Rebsamen, élu de Bourgogne, Roland Courteau (Aude), ou Jean-Jacques Mirassou (Haute Garonne), tous élus dans des régions productrices de vin.

"Le vin est l'un des premiers produits d'exportation pour la France" avec "8 milliards d'euros d'excédent commercial en 2012, plusieurs centaines de milliers d'emplois", écrivent notamment les sénateurs, en rappelant qu'il "rapporte en terme de fiscalité 1 milliard chaque année".

Ils remettent également en cause le danger potentiel pour la santé, estimant que "dans le cadre d'une consommation modérée, c'est un bien culturel national, que nous devons valoriser et non pas pointer du doigt en l'assimilant aux autres familles d'alcool".

7,6 milliards d'excédent commercial en 2012

Même son de cloche parmi les professionnels du secteur, qui pointent du doigt la contradiction entre une politique du Made in France, et la taxation d’un produit constituant une fierté hexagonale.

"Le vin s’exporte, moins que l’aéronautique mais plus que le luxe et la cosmétique, générant 7,6 milliards d’euros d’excédent commercial en 2012", souligne ainsi Joël Forgeau, président de Vin&Société.

Des chiffres provenant de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (Fevs), qui indique aussi que les spiritueux ne représentent, eux, "que" 3,5 milliards.

Le président de la Meccs temporise

De son côté, Yves Daudigny, le président de la Meccs, a fait savoir qu’il ne souhaitait pas s’exprimer jusqu’à la remise du rapport, indiquant tout de même à l’AFP qu"à ce jour, il n'y a aucune proposition d'une telle taxation, il n'y a qu'un rapport sur les taxations".

Reste à savoir si la fronde sénatoriale le poussera à mettre de l’eau dans son vin.

Yann Duvert