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Lagardère : le fonds Amber accentue sa pression sur la gouvernance

Arnaud Lagardère est de plus en plus contesté

Arnaud Lagardère est de plus en plus contesté - AFP

Le fonds activiste, qui est récemment devenu le troisième actionnaire du groupe, s’en est ouvertement pris au Conseil de surveillance, alors que se déroule ce vendredi l'assemblée générale de la holding.

Sous-performance, résultats décevants, gouvernance opaque… Alors que se déroule, ce vendredi, l'assemblée générale du groupe Lagardère, le fonds activiste Amber Capital a largement accentué sa pression sur Arnaud Lagardère et le conseil de surveillance.

Dans une lettre au vitriol, envoyée le 3 mai derniers à ses membre, le fonds britannique a tancé les résultats actuels et surtout critiqué la gouvernance du groupe Lagardère, dans lequel il est devenu le 3ème actionnaire en décembre dernier, avec environ 5% du capital. « Nous avons investi dans Lagardère en 2016, convaincus que ses performances depuis une quinzaine d’années ne reflétaient pas son plein potentiel » écrit Amber Capital. « Deux ans plus tard, nos préoccupations restent entières. »

Cessions de branches

Sur une quinzaine de pages, les reproches et recommandations étrillent une gouvernance « pas efficace » et « pas transparente » selon le fonds. Le Conseil de surveillance est aussi directement visé : « Nous nous interrogerons sur le contrôle réel que vous exercez sur la Gérance, puisque sa gestion n’est jamais remise en cause » critique Amber.

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Concrètement, le fonds activiste propose la cession des deux branches déficitaires « Active » (qui regroupe les médias) et « Sports & Entertainment » (gestion des droits marketing et audiovisuels sportifs) pour se recentrer sur les deux segments rentables : « Travel Retail » (notamment les points Relay) et « Publishing » (Edition). S’il reconnait des cessions d'actifs dans ce sens, elles « interviennent beaucoup trop lentement » perpétuant « des charges de restructurations et de dépréciations d'actifs excessives ».

Vives tensions

Depuis son arrivée dans le capital, Amber ne cache pas son hostilité vis-à-vis de la gouvernance. L’an dernier, il avait tenté, en vain, d’obtenir la nomination de deux membres du conseil de surveillance, lors de l’Assemblée générale. Le premier actionnaire du groupe, le fonds qatari Qatar Holding, s’était opposé à cette manœuvre.

En octobre dernier, Lagardère avait déposé une plainte contre X, pour délit d'initié après des « mouvements suspects sur son titre » avant son assemblée générale. Selon l’AFP, qui avait consulté la plainte, Amber Capital faisait partie des entreprises mentionnées par Lagardère dans ce contexte. Jeudi, le titre du groupe a largement chuté en bourse.