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La recette d'un site américain pour vendre plus durant Halloween

Des exemples de costumes, de gauche à droite: Super Marion, la fameuse robe dont n'est personne n'est d'accord sur les couleurs, un costume de loup, et Jessica Rabbit.

Des exemples de costumes, de gauche à droite: Super Marion, la fameuse robe dont n'est personne n'est d'accord sur les couleurs, un costume de loup, et Jessica Rabbit. - Yandy.com - BFMbusiness.com

Pour glaner une partie du gigantesque marché que représente Halloween aux Etats-Unis, Yandy, une petite entreprise américaine, surfe sur les buzz d'actualité, en proposant des costumes sexy. Donald Trump, Cecil le lion ou encore la fameuse robe bleue/noire/blanche/or ont notamment nourri son imagination.

Halloween n'a jamais vraiment eu la cote dans nos verts pâturages. Mais aux Etats-Unis la donne est bien différente. Véritable institution, la fête fait le bonheur des petits…et des grands.

Ainsi, la National Retail Federation (la fédération américaine du commerce) estime que les Américains vont dépenser pas moins de 2,5 milliards de dollars de costumes, dont 1,2 milliard pour ceux destinés avant tout aux adultes. Un vaste marché à saisir.

Et pour s'en tailler une bonne part, une petite entreprise américaine a développé une stratégie pour le moins originale: reprendre à son compte des buzz ou des sujets qui font l'actualité. Yandy.com va ainsi très loin. Ses sources d'inspiration: le lion Cecil, qui avait fait la une de l'actualité cet été après avoir été tué par un dentiste américain, Donald Trump, la gameboy, Bruce Jenner ou encore la fameuse robe qui avait tant divisé sur ses couleurs exactes.

Évidemment, l'objectif de Yandy est de vendre, quitte à rendre très sexy leurs créations. Du coup, on doute franchement que Donald Trump ait envie de voir sa propre fille Ivanka porter le costume inspiré de son père, le désormais fameux "Donna T.Rumpshaker" et son shorty serré. 

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- © Yandy.com

Qu'importe, l'objectif est surtout d'attirer l'attention. "Nous essayons de faire des choses dans lesquelles les personnes peuvent se reconnaître instantanément", explique à Bloomberg le directeur général de la société Chad Horstman. Pour cela, il s'inspire d'Internet.

Exemple: le 21 septembre dernier, une vidéo montrant un rat tirant une grande part de pizza dans le métro new-yorkais fait le buzz (plus de 8 millions de vues sur YouTube). On le surnomme alors le Pizza Rat. Quelques jours plus tard, Yandy met au point un costume pour Halloween afin de surfer sur la viralité de l'animal.

L'autre source est l'actualité qui fonctionne bien chez les adultes. "Les enfants veulent s'identifier aux personnages qu'ils ont vus dans une série TV ou un film qu'ils ont aimés, les adultes eux sont inspirés par ce qu'ils ont vu aux infos", explique à Bloomberg Howard Beige, le président de Rubie's costume.

Des critiques

Chad Horstman s'attend ainsi à ce que le costume de Donald Trump et celui de la robe bleue-noire-blanche-dorée soient dans le top 5 de ses produits les plus vendus. Sa compagnie, fondée avec son frère dans un garage en 2007, emploie désormais 200 personnes. Sa société étant privée, il refuse de divulguer ses résultats aux médias américains. Mais il espère dépasser le million de dollars de ventes sur un jour, juste avant ce 31 octobre, date d'Halloween. Il compte également arriver à un chiffre d'affaires supérieur à 100 millions de dollars dans les trois prochaines années.

Évidemment, la stratégie de Yandy n'est pas sans susciter les critiques. L'an dernier, un costume sexy et fortement inspiré d'un personnage du succès colossal de Disney La Reine des Neiges (en photo ci-dessous), se vendait comme des petits pains au point d'être en rupture de stock. Les médias américains, comme Today.com s'interrogaient alors sur cette façon de sexualiser à outrance les personnages destinés aux enfants. 

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- © Yandy.com

Chad Horstman estime que sa société n’a jamais dépassé les limites et assure “préférer rester à l’écart de la religion”. Et de préciser à Maxim: “Nous n’avons pas vendu de costumes de Ben Laden, car c’était tout simplement une simple tenue d’une personne musulmane”. Nous voilà rassurés.

Et le patron de Yandy l’affirme: “Chaque année, l’émoi provoqué par nos costumes diminue, car les gens commencent à réaliser que notre génération s’habille de toute façon de cette manière (sexy, ndlr).

Chad Horstman va même jusqu’à remercier les “haters” qui écrivent des articles classant les costumes de Yandy comme étant “le pire des pires”. Car les modèles cités dans ces articles sont souvent ceux qui se vendent le mieux. Comme quoi, la stratégie est payante….

J.M.