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La publicité, une cible "facile" pour ceux "qui n'ont pas suffisamment réfléchi aux problèmes de fond"

Sur BFM Business, Maurice Lévy, le président du conseil de surveillance de Publicis commente les attaques contre la publicité, accusée entre autres d'alimenter la surconsommation et d'être nocive pour la planète.

La publicité est plus que jamais accusée de participer aux maux de la planète. La surconsommation qu'elle favoriserait participerait au réchauffement climatique, les messages qu'elle transmet alimenteraient le machisme ou même le racisme, quant aux produits qu'elle vend, ils ne correspondraient plus aux nouvelles attentes écologistes des consommateurs.

Si la crise du coronavirus a amplifié cette tendance, pour Maurice Lévy, le président du conseil de surveillance de Publicis, on se trompe d'ennemi. "On a toujours été visé, ce n'est pas récent. En 68 on était voué aux gémonies, c'est arrivé de nouveau après le premier choc pétrolier et en 1981", rappelle-t-il sur BFM Business.

"La publicité améliore la vie des gens"

Mais pour la figure tutélaire de la publicité française, la publicité est une cible "facile". "Tout ceux qui n'ont pas de choses fondamentales à dire sur le fond des choses, ils se disent attaquons la publicité, de toutes façons ça fera du bien. En tout cas ça ne fera pas de mal à mes électeurs ou ça ne fera pas de mal à mes amis".

"C'est une situation assez facile. C'est le résultat de gens qui n'ont pas suffisamment réfléchi aux problèmes de fond et qui ne comprennent pas très bien le fonctionnement de la publicité", lance le responsable. Et d'estimer que la pub "est un formidable régulateur qui aide à faire baisser les prix de manière considérable et qui améliore la vie des gens au quotidien".

Ce qui n'empêche pas le secteur de se transformer en fonction des évolutions de la société, juge Maurice Lévy. "Elle est en train de se redéfinir. Aussi bien par les canaux de diffusion. (...) Certains disent (qu')il ne faut plus utiliser les canaux de télévision, (...) c'est une erreur. Il y a certains qui disent: 'il faut aller vers les réseaux sociaux'. Or les réseaux sociaux sont critiqués. (...) Et puis il y a surtout le contenu et le contenu a régulièrement changé".

"La publicité qui était très séductrice, qui était un peu machiste, (...) la tendance est claire vers une publicité beaucoup plus responsable, beaucoup plus authentique et où la dimension émotionnelle doit être accompagnée d'une dimension rationnelle très puissante", estime le publiciste. 

Olivier Chicheportiche