BFM Business

La production de films français rebondit

Une éclaircie dans la production de films a été annoncée sur la Croisette

Une éclaircie dans la production de films a été annoncée sur la Croisette - Jamal Henni BFM

Après avoir fortement chuté en 2014, les tournages retrouvent un niveau élevé en ce début d'année.

Ces temps-ci, la production de films français joue au yoyo. Après plusieurs années de croissance ininterrompue, l'année 2014 avait été marquée par une chute de -9%. Mais le début d'année 2015 est marqué par un fort rebond, comme l'indiquent les chiffres publiés lors du festival de Cannes par les industries techniques du cinéma, réunies dans la Ficam.

Ainsi, à fin mai, le nombre de films dont le tournage a débuté a bondi de +71%, à 87 longs métrages, soit le plus haut niveau depuis huit ans. Et le nombre de jours de tournage a doublé.

D'attrayantes exonérations d'impôts

Ces montagnes russes ont plusieurs explications. D'abord, des exonérations d'impôts plus généreuses ont été votées, ce qui provoque l'attentisme des producteurs, qui retardent leurs tournages pour en profiter. Ainsi, certains films ont été décalés en janvier 2015 pour profiter du crédit d'impôt accordé aux budgets de moins de 4 millions d'euros, qui bondissent de +41% selon la Ficam. Pareillement, les budgets compris entre 4 et 7 millions d'euros attendent sans doute le crédit d'impôt qui leur est réservé, mais qui n'entrera en vigueur qu'en janvier 2016.

Thierry de Segonzac, président de la Ficam, avance d'autres explications: "en 2014, beaucoup de distributeurs étaient mal en point, et beaucoup de films ne sont pas arrivés à trouver de distributeurs. En outre, les chaînes de télévision gratuites étaient très frileuses."

Délocalisation au plus haut

Pour l'avenir, Thierry de Segonzac reste prudent: "après ce bon démarrage en 2015, on constate un tassement, et on revient quasiment au niveau de 2014. On rentre aussi dans une période d'incertitude concernant les subventions des régions: est-ce que deux régions fusionnées aideront autant le cinéma que deux régions prises séparément?" Enfin et non des moindres, l'entrée en vigueur de la convention collective du cinéma devrait empêcher la naissance de moult films à petit budget.

Dernière ombre au tableau: les tournages à l'étranger sont aussi au plus haut depuis huit ans, avec 38% des jours de tournages à fin mai. 

Jamal Henni à Cannes