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La F1 va-t-elle regretter de bouder les réseaux sociaux?

La mercedes de Lewis Hamilton, l'actuel leader du championnat du monde.

La mercedes de Lewis Hamilton, l'actuel leader du championnat du monde. - Yuri Nakao - AFP

Alors que le Grand Prix du Japon a lieu ce dimanche 5 octobre, le débat fait rage au sein de la discipline reine du sport automobile pour mettre le cap sur les réseaux sociaux, et développer une source potentielle d’audience et de visibilité pour les sponsors.

La Formule 1 doit-elle se mettre à la page de Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux?

La question ne sera pas tranchée ce dimanche 5 octobre, alors que le départ du Grand Prix du Japon sera donné à 8h, heure française.

Il n’empêche que le débat a lieu dans les paddocks. En juin dernier, Bernie Ecclestone, le patron et détenteurs des droits commerciaux de la F1 avait balayé la question d’un revers de la main, en exprimant ses doutes sur le boom des réseaux sociaux.

“Les gens commencent à penser que ces réseaux sociaux ne sont pas aussi bien que ça”, affirmait-il.

Visibilité pour les sponsors

Cette position conservatrice n’est pourtant pas du goût des patrons d’écurie. Toto Wolff, le directeur de Mercedes, équipe qui écrase la concurrence en cette saison 2014, a été le premier à marquer son désaccord, en juillet.

Il soulignait que les audiences TV fléchissent alors que “la croissance des activités internet explose”. Toto Wolff reconnaissait que la monétisation des réseaux sociaux ne fonctionne pas encore, citant Twitter. “Mais ce n’est qu’une question de temps”; ajoutait-il.

De plus “je peux dire [grâce aux réseaux sociaux] à tous mes sponsors que le nombre de personne voyant leur logo augmente alors que audiences TV baissent”, avançait-il. Le chef de l'écurie Force India, Vijay Mallya est sur la même longueur d’onde. “Les réseaux sociaux sont fantastiques. Nous avons besoin que quelqu’un fasse une présentation à Bernie [Ecclestone, ndlr] pour le convaincre”, déclarait-il en août dernier.

Impératifs financiers

Les réseaux sociaux pourraient effectivement représenter un relais d’audience pour une Formule 1 qui voit le nombre de téléspectateurs s’effriter lentement mais surement. Selon le Global Media Report, 450 millions de personnes avaient regardé un Grand Prix en 2013, contre 500 millions en 2012 et 515 millions en 2011.

Or l’exposition médiatique revêt une importance considérable pour les sponsors, d’autant plus que sur les douze écuries actuelles du plateau, trois sont actuellement en difficulté financière (Caterham, Marussia et Sauber) et risquent ainsi de ne pas participer en 2015.

La frilosité de la F1 avec les médias en ligne tranche, par ailleurs, avec l’accueil plus chaleureux de la Formule E, la petite soeur de la F1, qui fait courir des monoplaces 100% électriques. Cette dernière a choisi de faire participer les internautes en créant un “fan boost”, qui permet aux trois pilotes recueillant le plus de suffrages en ligne d’avoir, l’espace de cinq secondes, un moteur plus puissant.

Julien Marion