BFM Business

La Chine lorgne de plus en plus les studios d'Hollywood

Le milliardaire chinois Jack Ma va s'associer au réalisateur américain Steven Spielberg pour produire et distribuer des films via un partenariat "stratégique" entre leurs groupes respectifs.

Le milliardaire chinois Jack Ma va s'associer au réalisateur américain Steven Spielberg pour produire et distribuer des films via un partenariat "stratégique" entre leurs groupes respectifs. - Saul Loeb-AFP

Le milliardaire Jack Ma et Steven Spielberg vont coproduire des films pour le public chinois. Le fondateur d'Alibaba prend une participation minoritaire dans Amblin Partners, la société du célèbre réalisateur américain. Une offensive chinoise de plus en direction des studios d'Hollywood.

La Chine lorgne de plus en plus du côté d'Hollywood. Après l'offensive du conglomérat chinois Wanda qui s'est allié à Sony Pictures après avoir racheté le studio hollywoodien Legendary Entertainment (Jurassic World, Godzilla) c'est au tour du milliardaire chinois Jack Ma, fondateur d'Alibaba, de s'associer au célèbre réalisateur américain Steven Spielberg. Les deux alliés vont produire et distribuer des films ensemble destinés au public chinois et international.

Concrètement, Alibaba Pictures, la branche cinéma du géant chinois du commerce sur Internet, va acquérir une participation minoritaire dans la société Amblin Partners, créée sous l'égide de Spielberg et qui inclut les studios DreamWorks. Alibaba Pictures se verra octroyer un siège au conseil d'administration d'Amblin, mais les termes financiers n'ont pas été précisés.

"Au niveau humain, nous partageons les mêmes valeurs en Orient et en Occident (...) Nous apporterons plus de Chine à l'Amérique et plus d'Amérique en Chine", a commenté Steven Spielberg. Jack Ma a quant à lui mis en avant l'appétit des Chinois pour une offre diversifiée de long-métrages, jugeant que la "collaboration" avec Amblin "pourra servir de pont culturel".

L'intérêt des studios d'Hollywood pour le marché chinois du cinéma reste crucial pour alimenter leur croissance. Les ventes de billets en Chine ont bondi de presque 50% en 2015. A telle enseigne que certains analystes prévoit que l'empire du Milieu dépasse les États-Unis d'ici à 2018 comme premier marché mondial.

En coproduisant avec de puissants groupes chinois, les studios d'Hollywood peuvent aussi contourner les contingents drastiques imposés par Pékin sur le nombre de films étrangers autorisés chaque année sur les écrans du pays. Le film Mission impossible: Rogue nation avait ainsi été co-produit par Chinese Movie Channel (une chaîne de télévision publique) et Alibaba Pictures (une filiale du groupe de commerce électronique). Quant à Fast & Furious 7, il avait été en partie financé par China Film Group Corp., un distributeur appartenant lui aussi à l' État chinois.

Pour Steven Spielberg, l'alliance avec "l'écosystème" d'Alibaba est un atout évident pour sa conquête du marché chinois. Le géant de l'e-commerce contrôle le site de vidéo en streaming Youku Tudou et peut promouvoir ventes de billets et produits dérivés sur ses plates-formes internet. Cela "créera de nouveaux débouchés pour que les films d'Amblin touchent des centaines de millions de consommateurs chinois", a assuré le président du conseil d'Alibaba Pictures, Shao Xiaofeng.

D'autres firmes chinoises se sont distinguées par leur intérêt pour l'industrie américaine du cinéma. Le fonds d'investissement China Media Capital (CMC) a lancé par exemple une coentreprise avec le géant américain Warner Bros pour développer des films.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco