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L'intense lobbying de Paris pour obtenir les JO de 2024

À moins d'un an de la décision finale, les équipes de Paris, Los Angeles et Budapest, candidates pour l'organisation des JO de 2024, passaient ce mardi à Doha leur grand oral. Et cette fois, les Français ont compris qu'ils ne gagneraient pas sans faire de lobbying.

Le lobbying n'est plus un gros mot. C'est même une condition indispensable pour tenter d'emporter les Jeux olympiques de 2024. Les Français ont appris de leurs échecs, notamment celui de 2012. L'ancien ministre des Sports, Jean-François Lamour, l'a d'ailleurs admis: "Notre lobbying s'est avéré insuffisant".

Du coup, pour s'imposer face à Budapest et à Los Angeles, l'équipe de Paris a recruté des stars du lobbying sportif. Il y a notamment l'Anglais Mike Lee, présenté comme le roi du genre: son agence de communication, Vero Consulting, a fait gagner Londres en 2012. Il y a aussi l'Italo-Brésilien Saint-Clair Milesi, impliqué dans le succès de Rio, ou la Française Sophie Lorant, qui a participé, elle aussi, à la victoire de Londres. Ils ont embarqué leurs équipes, qui travaillent minutieusement sur chacun des membres du Comité international olympique - il y en a une centaine.

Un véritable travail d’enquête

Ce qui représente un véritable travail d'enquête. "Un par un, il faut voir quelles sont leurs préoccupations", a dit Bernard Lapasset, chef de file de la candidature française. Il faut bien connaître chaque membre pour pouvoir négocier et le convaincre de voter pour Paris. "Longtemps, en France, on a confondu lobbying et corruption", explique Virgile Caillet, délégué général de la Fédération française des industries sport & loisirs.

"Il s'agit, en fait, de stratégie d'influence", ajoute-t-il. De fait, il y a un réel changement d'état d'esprit, si bien que même les chefs de file de la candidature française s'y sont mis : "Une des différences avec la précédente candidature", raconte Jean-François Lamour, c'est qu'aujourd'hui, "Bernard Lapasset et Tony Estanguet consacrent 100% de leurs temps au lobbying".

Pauline Tattevin