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L’Europa League, le parent pauvre du football européen

Saint-Etienne participera à l'Europa League en compagnie de Lille et Guingamp.

Saint-Etienne participera à l'Europa League en compagnie de Lille et Guingamp. - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

La compétition, qui débute jeudi 18 septembre, peine à sortir de l’ombre de la prestigieuse et lucrative Ligue des champions. La preuve en chiffres.

Chaque année, le débat agite le football français : se concentrant sur la Ligue 1, les clubs tricolores délaissent l’Europa League pour ne dépasser que rarement le cap des huitièmes de finale. Les dirigeants ne se cachent d’ailleurs pas pour justifier cette stratégie: n’ayant pas l’effectif pour jouer sur les deux tableaux, ils privilégient l’épreuve la plus rentable. Et au vu des dotations accordées par l’UEFA pour la saison 2014-2015, leur décision semble logique, notamment lorsqu’on les compare avec la prestigieuse –et très lucrative- Ligue des champions.

1,3 million d'euros garantis

L’Europa League regroupe 48 équipes, réparties en 12 groupes. Les premiers et deuxièmes de chaque groupe sont qualifiés pour les 16èmes de finale (où ils sont rejoints par les clubs ayant fini troisième de leur poule en Ligue des champions). Chaque participant reçoit automatiquement 1,3 million d’euros. Chaque victoire rapporte 200.000 euros, et chaque match nul 100.000 euros. A titre de comparaison, chaque participant à la Ligue des champions reçoit 8,6 millions d’euros, 1 million pour une victoire et 500.000 pour un match nul.

Une qualification pour les 16èmes de finale de l’Europa League rapporte ensuite 400.000 euros de bonus pour les 1ers du groupe, et 200.000 euros pour les deuxièmes.

5 millions pour le vainqueur

Les clubs accédant aux huitièmes reçoivent 350.000 euros, quand les quarts de finalistes empochent 450.000 euros et les demi-finalistes 1 million d’euros. Le finaliste vaincu se voit allouer 2,5 millions d’euros. Le vainqueur, lui, reçoit 5 millions.

Au total, donc, l’équipe ayant réalisé un parcours parfait dans la compétition empoche au maximum 9,9 millions d’euros. Soit moins qu’une équipe éliminée en poule de Ligue des champions avec seulement deux victoires à son actif. Et si l’UEFA s’est saisi du problème, en augmentant régulièrement ses dotations, l’Europa League reste trop peu attractive pour que les clubs français daignent s’y investir à 100%. A moins que Lille, Saint-Etienne et Guingamp, les trois clubs engagés cette année dans la compétition, passent outre ces considérations financières.

Yann Duvert