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Jean Roch s'alarme du sort des boîtes de nuit: "nos entreprises sont en train de mourir"

Sur BFM Business, la figure française des discothèques appelle le gouvernement à la responsabilité alors que le secteur sombre et que des fêtes sauvages sont organisées sans la moindre protection.

Fermées depuis le début de la crise sanitaire et au bord de la faillite au moment où elles devraient faire le plein de vacanciers, les discothèques appellent à rallumer sans plus attendre la flamme de la vie nocturne.

Les professionnels tablaient sur une réouverture le 10 juillet. Ils avaient été soutenus en ce sens par une centaine de députés. Mais mercredi, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé que les discothèques resteraient fermées, évoquant la Suisse où un cas dans une discothèque avait "conduit au confinement de 300 personnes, avec des risques de diffusion communautaire".

Une décision synonyme de mort programmée pour les acteurs du secteur, selon Jean Roch, figure emblématique de la nuit parisienne et tropézienne, fondateur notamment du VIP room. "Nos entreprises sont en train de mourir", se désole-t-il ce lundi sur BFM Business.

"On marche carrément sur la tête"

Le propriétaire de nombreuses boîtes de nuit s'étonne surtout de la différence de traitement entre les bars, les restaurants, certains lieux festifs désormais ouverts et les établissements de nuit. "Je ne vois pas pourquoi les discothèques seraient plus à même de développer des clusters que les avions, que les salles de sport, que les cinémas, que les transports en commun, que les concerts que je vois aux quatre coins de France". "Pourquoi les clubs échangistes sont-ils ouverts? Pourquoi les cabarets sont-ils ouverts?", s'interroge Jean Roch. "Je ne comprends pas le raisonnement, on marche carrément sur la tête".

Le responsable s'alarme également de l'organisation de fêtes sauvages qu'on observe depuis quelques semaines. "Le gouvernement aura été prévenu. (...) C'est le gouvernement qui sera responsable des accidents, de ce qui se passera cet été dans les fêtes privées, dans les maisons, sur les bateaux (...) la violence, la drogue. (...) C'est vraiment une catastrophe qui va se produire".

"On ne comprend pas, il y a deux poids, deux mesures", s'émeut de son côté Aziz Sebhaoui, le représentant de l'Umih (syndicat des métiers de l'hôtellerie) des patrons de discothèques des Pyrénées-Orientales, où une banderole a été accrochée sur les grilles de la mairie de Prades, la ville du Premier ministre Jean Castex.

"On offre une garantie de sécurité, ce qui n'est actuellement pas le cas des soirées privées où on ne maîtrise rien du tout", comme dans les bars et restaurants devenus "des discothèques déguisées", insiste pour sa part Matthieu Lebrun, porte-parole des gérants de discothèques de Normandie, venu protester dimanche avec quelque 200 autres professionnels à proximité du ministère de la Santé, au centre de Paris.

Olivier Chicheportiche avec AFP