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JCDecaux paie-t-il en Bourse ses revers successifs à Paris?

Le contrat des panneaux publicitaires parisiens, annulé par le Conseil d'Etat, représentait 1% du chiffre d'affaires annuel de JCDecaux.

Le contrat des panneaux publicitaires parisiens, annulé par le Conseil d'Etat, représentait 1% du chiffre d'affaires annuel de JCDecaux. - Ville de Paris

JCDecaux voit son étoile pâlir dans sa "vitrine" historique. Après la perte du marché du Velib, l'afficheur a dû encaisser l'annulation du contrat sur les panneaux publicitaires parisiens. À l'international, le groupe a certes gagné des contrats. Mais certains analystes estiment qu'il a dû réduire ses marges pour l'emporter.

Paris n'est plus le centre du monde pour JCDecaux. En subissant l'annulation du marché des panneaux publicitaires parisiens, JCDecaux a perdu un contrat représentant 1% du chiffre d'affaires du groupe en 2017. Mais un malheur n'arrivant jamais seul, la filiale Somupi (détenue à 66% par JCDecaux et 34% par Publicis) se voit aussi contrainte par la décision du Conseil d’Etat de démonter les 1630 panneaux d’affichage installés. Ce revers intervient après la perte du contrat Velib, au profit de Smovengo, le nouvel exploitant des vélos en libre-service dans la capitale.

Ces mauvaises nouvelles parisiennes surviennent alors que le géant français de l'affichage publicitaire a enregistré un chiffre d'affaires annuel record de 3,47 milliards d'euros en 2017, renforcé par un quatrième trimestre meilleur qu'attendu, soit +6,5 % en croissance organique, alors que le groupe tablait sur une croissance de 4,5% sur la période.

Le début 2018 a aussi été porteur de nouveaux contrats à l'international comme à Berlin pour gérer pendant quinze ans le mobilier urbain publicitaire rétro-éclairé et digital de la ville (hors abribus) ou à Luxembourg pour un contrat sur dix ans de location de vélos électriques en libre-service.

Une note de Barclays a fait chuter le cours le 2 février

Pourtant, ces bons résultats ne se reflètent pas dans l'évolution récente du cours de l'action. Celle-ci a entamé une glissade depuis le 26 janvier 2018 après avoir atteint le 22 janvier son niveau le plus haut du début d'année à 36,50 euros.

L'action JCDecaux a même accusé le 2 février dernier dans la matinée, la plus forte baisse du SBF 120, à -4,65%. La faute à un abaissement du conseil des analystes de Barclays jugeant que l'action du spécialiste du mobilier urbain était à un niveau trop élevé. Selon eux, la série de contrats remportés par JCDecaux, positive sur le long terme, "devrait peser à court terme sur les marges", prévenaient les analystes de la banque britannique. Un avis que ne partage pas l'analyste d'Oddo BHF. Deux jours avant Barclays, ce dernier estimait que "les perspectives de croissance" étaient "importantes".

Frédéric Bergé