BFM Business

Hedi Slimane fait (encore) condamner Kering en justice

Hedi Slimane travaille aujourd'hui pour le concurrent de Kering, LVMH.

Hedi Slimane travaille aujourd'hui pour le concurrent de Kering, LVMH. - Martin Bureau - AFP

Le groupe de luxe Kering a été condamné à verser 9,3 millions d'euros au créateur Hedi Slimane, qui travaillait pour sa marque Yves Saint Laurent. C'est la deuxième victoire du styliste qui a aujourd'hui rejoint l'écurie du concurrent LVMH face à l'entreprise de François-Henri Pinault.

Le groupe de luxe Kering a été condamné à verser 9,3 millions d'euros à Hedi Slimane, ex-directeur artistique d'Yves Saint Laurent, selon une décision du tribunal de commerce de Paris.

Le tribunal "condamne la société Kering à verser une somme de 9.332.598,35 euros nets d'impôts", au styliste français, selon le jugement. Kering n'a fait aucun commentaire mais a simplement indiqué avoir interjeté appel de cette décision.

Kering déjà condamné à lui verser 13 millions

En 2016, Hedi Slimane avait quitté Yves Saint Laurent, dont Kering est propriétaire, au terme d'un contrat de quatre ans. Il réclamait cette somme qui correspondait selon lui à la part variable de sa rémunération au titre de sa dernière année de contrat, pour laquelle il n'avait touché que 667.000 euros et non les 10 millions promis. Hervé Témime, l'avocat d'Hedi Slimane, n'a pas souhaité réagir.

Il s'agit d'une nouvelle victoire judiciaire pour Hedi Slimane contre ses anciens patrons puisqu'en juin 2016, Kering avait été condamné à lui verser 13 millions de dollars pour l'application d'une clause de non-concurrence. Le groupe avait néanmoins également fait appel.

Le chiffre d'affaires double sous sa houlette

Le styliste de 49 ans avait pris les rênes de Saint Laurent en 2012 après avoir brillé chez Louis Vuitton et Dior Homme. Sous sa houlette, les ventes avaient décollé, le chiffre d'affaires de la griffe passant de 353 millions d'euros en 2011 à 974 millions en 2015. En quatre ans, il avait ainsi réveillé la vénérable maison et attiré une clientèle plus jeune et branchée, grâce à ses looks androgynes, ses coupes ajustées et ses jeans "skinny". 

Au début de l'année, il a signé son retour en prenant la direction de la création artistique et de l'image de Céline, marque du groupe LVMH où il est chargé de lancer la mode masculine et les parfums.

N.G. avec AFP