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Giscard: "l'incroyable durée de l'OPA pèse sur le Club Med"

Henri Giscard d'Estaing était l'invité de BFM Business ce 2 décembre.

Henri Giscard d'Estaing était l'invité de BFM Business ce 2 décembre. - BFM Business

Henri Giscard d'Estaing, président directeur général du Club Med, était l'invité de BFM Business ce mardi 2 décembre. Il est revenu sur la surenchère, la veille, de Fosun sur le Club Med.

"L'entreprise est à un tournant". Henri Giscard d'Estaing, président directeur général du Club Med, était l'invité de BFM Business ce mardi 2 décembre. Et il est revenu sur l'OPA sur le Club.

La veille, le 1er décembre, le chinois Fosun a fait une nouvelle surenchère, à 23,50 euros. Il s'est allié avec le Brésilien Nelson Tanure qui prendra jusqu'à 20% du projet Gaillon Invest II, le consortium qui vise à racheter le Club Med. Le groupe chinois a l'appui du conseil d'administration du Club Med qui, à l'inverse, a toujours montré des réserves sur la stratégie voulue par Andrea Bonomi, rival de Fosun sur cette OPA.

Lancé fin mai 2013, le dossier Club Med qui dure depuis près de 18 mois est devenu l'offre publique la plus longue de l'histoire de la Bourse de Paris. Et pour Henri Giscard d'Estaing, ce n'est pas une bonne chose. "L'incroyable durée de l'OPA fait que la société en souffre. Aujourd'hui, la société voit son développement ralentir car ses partenaires se demandent ce qu'elle va devenir".

Club Med devient "le plus accessible du haut-de-gamme"

Mais la durée n'est pas le seul problème, le prix aussi. "Aujourd'hui, cette valeur très élevée fait peser de vrais risques", explique le PDG. "Nous sommes au-dessus des estimations faites, il va falloir du retour sur investissements". Selon lui, une nouvelle surenchère, de la part de Bonomi, serait dangereuse, "car la seule façon de rentabiliser serait des coupes massives".

Henri Giscard d'Estaing ne cache pas sa préférence pour Fosun. Le Chinois et son partenaire brésilien vont permettre de développer des synergies importantes en Chine et en Amérique Latine. Synergies qui vont permettre de "justifier la rentabilité".

Outre cette OPA, le Club Med est également à un tournant en termes d'image. En effet, il était "le plus cher du moyen-de-gamme", explique le PDG. "Il perdait des clients. Donc on en a fait le plus accessible du haut-de-gamme". Mais le Club Med ne s'arrête pas là. "La France est un signal de qualité. On a donc aussi voulu faire de l'exceptionnel". C'est pourquoi, dès 2015, il se renforce aux Maldives en ouvrant un second village.

D. L.