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Gaumont constate encore une fréquentation des salles de cinéma divisée par trois

Après presque un mois de réouverture, seulement 1 million de Français se rendent dans les salles obscures chaque semaine, selon Sidonie Dumas, directrice générale de Gaumont.

Cela fait maintenant presque quatre semaines que les cinémas français ont pu rouvrir leurs portes. Mais la fréquentation des salles reste encore timide. "Le retour est progressif", indique sur BFM Business Sidonie Dumas, directrice générale de Gaumont (qui ne possède plus de salles de cinéma mais qui peut évaluer leur fréquentation à travers les entrées des films qu'elle distribue).

"Il y a un million de personnes par semaine ce qui est beaucoup moins que dans les semaines habituelles qui sont plutôt autour de 3 millions en terme de fréquentation. Donc ça se fait lentement", souligne la responsable.

Absence de blockbusters

Ce faible redémarrage peut d'abord s'expliquer par le manque de nouveautés avec l'absence des grands blockbusters américains (tous reportés pour cause de confinement sur la côte ouest américaine). "Heureusement qu'il y a un cinéma français qui est important et qui peut permettre d'avoir des nouveautés parce que, en effet, les grands blockbusters américains ne sont pas au rendez-vous et donc tout ça va prendre un peu de temps", ajoute Sidonie Dumas. "Il y a encore une forme de crainte" liée au coronavirus, ajoute la responsable.

Les salles de cinéma face à Netflix

Par ailleurs, le succès des plates-formes de streaming comme Netflix pendant le confinement va-t-il provoquer un changement d'habitudes chez les spectateurs occasionnels? Ceux-ci iront-ils moins dans les salles obscures? "Je pense qu'il y a une vraie habitude de cinéma en France", tempère Sidonie Dumas. "Je ne pense pas du tout au fait que ça va s'arrêter (...) c'est plus un sujet d'offre", "plus il y aura de films, plus les gens auront envie d'y aller".

D'autant plus que les salles ont beaucoup investi dans la technologie (confort, image et son) pour continuer à se démarquer. Cette avance technologique par rapport à son salon "est essentielle. (...) Il y a une qualité qui n'est pas du tout la même que celle dans son salon ou devant sa tablette. Donc moi je pense que voir des films en salle n'est pas du tout la même (chose) que regarder chez soi". Reste à savoir si les exploitants auront les reins assez solides pour patienter jusqu'au retour des blockbusters de Hollywood. 

Olivier Chicheportiche