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Fiac: Comment les galeristes font monter les enchères?

La Fiac ouvrait ses portes au public ce 18 octobre au Grand Palais à Paris

La Fiac ouvrait ses portes au public ce 18 octobre au Grand Palais à Paris - -

La Foire Internationale d'Art Contemporain s’est ouverte au public ce jeudi 18 octobre. Déjà, des ventes ont eu lieu à l’occasion de la journée "VIP" qui précède l’ouverture officielle, dont une pour huit millions d'euros.

Chez Franck Prazan, les cinq tableaux "Les Tours" de Mannessier ont été vendues le 17 octobre. La galerie new yorkaise Helly Nahmad, elle, a trouvé preneur, le même jour, pour un Miró de 1926. Ces ventes ont eu lieu dans le cadre de la Foire Internationale d'Art Contemporain (Fiac) qui a ouvert ses portes au public ce matin. Mais au Grand Palais, où une soixantaine de galeristes exposent leurs collections cette année, les VIP ont eu le droit à une visite la veille... une opération fructueuse visiblement, qui a même le don de faire grimper les enchères.

Les prix de ventes dans les allées de la Fiac sont d'ailleurs très difficiles à trouver. Dans le milieu de l’art, "on adore parler d’argent, sauf avec les journalistes" s’amuse Judith Benhamou Huet, célèbre critique d'art invitée de BFM Business. Elle a toutefois pu nous confier le montant de la vente du Miró parti mercredi: huit millions d'euros. Pour le peintre espagnol, dont l’une des œuvres a atteint le record de "36 millions d’euros", cette vente est "presque raisonnable" précise Judith Benhamou Huet. Toutefois, elle connaît bien les coulisses de la Fiac: "Toutes les galeries un peu percutantes essaient de pré-vendre leur tableaux en faisant circuler des reproductions avant même l’ouverture de la foire".

Olivier de Rincquesen, présentateur de Chercheur d’art sur BFM Business, confirme: "Les galeristes vendent souvent leurs plus belles pièces avant l’ouverture". Ils contactent leurs clients, organisent des ventes privées avant l’ouverture officielle. Et ensuite, ils exhibent ces pièces comme des trophée sur leur stand, avec un macaron "vendu" bien visible. De quoi attirer la convoitise, et la surenchère. Attention, certains galeristes apposeraient même ces "boutons rouges alors même que les œuvres ne sont pas vendues, dans le but de faire monter les prix" prévient Olivier de Rincquesen.

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