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E.Leclerc se rêve en outsider d'Apple dans le streaming musical

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Deux semaines après Apple, E.Leclerc lance son service musical. Un marché prometteur mais très encombré où l'enseigne aura du mal à se démarquer

Et un de plus! Après Spotify, Deezer, Rdio, Qobuz, Amazon, Apple et sans doute avant Facebook, c'est au tour de E.Leclerc de lancer sa plateforme de musique en streaming. Et ce n'était pas le plus attendu, il faut bien l'avouer.

Baptisée "Réglo Musique", cette application propose un abonnement mensuel "solo" de 9,99 euros, soit le tarif pratiqué par les grandes plateformes de streaming comme Spotify, Deezer ou le nouvel arrivant, Apple Music (les deux premiers ayant également une formule gratuite financée par la publicité). Les porteurs de la carte de fidélité Leclerc bénéficieront jusqu'en décembre d'une "offre à 5,99 euros/mois grâce à 4 euros offerts tous les mois" en bons de réduction, précise le groupe de distribution.

Ce service de streaming (écoute en ligne sans téléchargement des morceaux) est le "premier (...) issu de la grande distribution", ajoute le groupe, qui est, avec Leclerc Culture, un des leaders en France de la distribution physique de disques. Le premier issu de la grande distribution alimentaire mais pas de la distribution tout court puisque la Fnac a lancé en 2014 son propre service baptisé Jukebox sans grand succès semble-t-il.

Déjà plus de 2,5 millions d'abonnés en France

Mais E.Leclerc veut y croire. L'enseigne est l'une des rares dans le monde des supermarchés à proposer des services high-tech comme des abonnements téléphoniques (Reglo Mobile) ou même de la télévision par abonnement (Reglo TV). En tout ce lancement confirme la montée en puissance du streaming dans la musique et son potentiel auprès du grand public.

En France, quelque "2,5 à 2,6 millions" de personnes sont aujourd'hui abonnées à un service de streaming payant, avait indiqué fin juin Pascal Nègre, qui préside la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP). Les revenus issus de ces abonnements représentent désormais "20%" du chiffre d'affaires du secteur en France, un chiffre en constante progression, avait précisé le PDG d'Universal France. Pascal Nègre, pour qui le "modèle gratuit financé par la publicité n'a pas d'avenir", avait plaidé pour la généralisation des formules avec abonnement payant, estimant que l'objectif des producteurs était d'atteindre les 3 millions d'abonnés à la fin de l'année.

Frédéric Bianchi