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Drahi s'allie au Figaro pour racheter L'Express

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Le roi du câble et la filiale de Dassault se sont alliés pour déposer une offre commune sur l'hebdomadaire.

La vente de l’Express entre dans une phase décisive. Son propriétaire Roularta a mandaté une banque d’affaires pour examiner les différentes offres en lice.

Surtout, les candidats potentiels se regroupent pour muscler leur offre. En effet, selon des sources industrielles, le Figaro et Patrick Drahi se sont alliés pour déposer une offre de reprise commune. Les deux partenaires se répartiraient ensuite les titres de la filiale française de Roularta. Le roi du câble, associé à son fidèle Marc Laufer, s’intéresse à l’Express et à l'Expansion. Tandis que la filiale de Dassault s’intéresse aux 18 autres magazines: l’Etudiant, Point de vue, Mieux vivre Votre argent, Lire, Classica…

Retour de l'histoire

Ironie de l'Histoire, Dassault ne ferait que remettre ainsi la main sur les magazines qu’il avait lui-même vendus en 2006 à Roularta. A l’époque, l’industriel avait fait une excellente affaire, vendant à l'éditeur belge l’ensemble de ces magazines pour plus de 200 millions d’euros. Soit bien plus que le prix de vente actuel, chiffré à quelques dizaines de millions d’euros...

Dans les comptes de Roularta, les activités françaises (hors média inclus) restent valorisés à 218 millions d'euros à fin 2013, bien qu'elles aient été dépréciées de 26 millions d'euros ces deux dernières années.

Bergé-Niel-Pigasse hors du coup

Parmi les autres candidats avancés par la presse figurent Vivendi et Prisma (filiale de l’allemand Bertelsmann). En revanche, le trio Bergé-Niel-Pigasse, qui vient de racheter l’Obs, n'est pas intéressé.

Le 5 septembre, Roularta avait publié un communiqué confirmant "avoir reçu ces derniers temps différentes marques d’intérêt pour ses activités françaises. Dans ce contexte, Roularta a décidé d’étudier toutes les options stratégiques possibles".

En 2013, le groupe Express Roularta a réalisé un chiffre d'affaires en baisse, à 200 millions d'euros. Interrogés, Roularta n’a pas répondu, tandis que le Figaro et le porte-parole de Patrick Drahi se sont refusés à tout commentaire.

Jamal Henni