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Benjamin Castaldi, l'animateur qui veut toujours gagner des millions

L'animateur, après son départ de TF1, n'a tenu qu'une saison sur D8, et arrive sur NRJ 12

L'animateur, après son départ de TF1, n'a tenu qu'une saison sur D8, et arrive sur NRJ 12 - NRJ 12

L'animateur a vendu ses sociétés de production successivement à Lagardère, Claude Carrère et Stéphane Courbit. A chaque fois,  ces sociétés ont fermé boutique, et cela s'est mal terminé pour ses associés.

Benjamin Castaldi revient par la petite porte. L'animateur, après avoir quitté TF1, n'a tenu qu'une saison sur D8, et officie désormais sur NRJ 12. A partir de lundi 24 août, il y présente tous les jours à 18h50 une reprise du jeu l'Académie des 9.

L'animateur assure avoir besoin de travailler pour vivre. Il raconte avoir été ruiné dans une escroquerie immobilière, qui ne lui aurait laissé que 1.290 euros par mois pour vivre.

Un salaire d'un demi-million par an

Une forte chute par rapport à son train de vie précédent, lorsqu'il était animateur star sur TF1. En 2006 ou 2007, il touchait ainsi un salaire d'un demi-million d'euros par an versé par sa holding personnelle Pepino SARL, indiquent ses comptes (cf. ci-dessous). Mais l'essentiel de sa fortune disparue venait de la revente de ses sociétés de production.

Ainsi, il a retiré près de 3,5 millions d'euros de la vente de sa dernière société de production, JES Prod, à Stéphane Courbit. Mais ce mariage a fait long feu. "Benjamin Castali a ensuite souhaité reprendre sa liberté", explique-t-on pudiquement chez Stéphane Courbit. "Nous nous sommes séparés car Stéphane Courbit n'a apporté que très peu de formats à cette société, dont 90% du chiffre d'affaires était constitué uniquement par mes rémunérations", explique l'animateur.

Précisément, l'animateur, après avoir d'abord vendu 50,04% de JES Prod en 2008, a ensuite cédé le reste du capital à Stéphane Courbit, qui a fermé la société en 2011.

Sommations, relances et mises en demeure

Benjamin Castaldi avait fait encore mieux avec sa première société, B3Com, qu'il a réussi à vendre deux fois de suite. D'abord à Lagardère, qui a racheté 50% du capital pour 1,5 millions d'euros en 2003. Rebelote en 2005, où Claude Carrère rachète 51% du capital pour environ 3,75 millions d'euros. 

Bien sûr, pour qu'une telle culbute soit possible, il fallait d'abord faire sortir Lagardère. Un accord en ce sens a été trouvé début 2005, selon lequel "Benji" a racheté les 50% de Lagardère pour 1,4 million d'euros, juste avant de revendre ces actions plus cher à Claude Carrère.

Lagardère a donc permis à l'animateur de faire une jolie plus-value, mais ce dernier n'a pas été reconnaissant pour autant. Il n'a pas payé son dû au groupe d'Arnaud Lagardère malgré moult sommations, relances et mises en demeure. Lagardère a donc dû saisir -avec succès- le tribunal de commerce de Paris pour obtenir le paiement du reliquat: 62.240 euros (cf. jugement ci-dessous). "Lagardère a récupéré tout l'argent investi dans cette société, et a finalement été intégralement payé", souligne Benjamin Castaldi.

Une société qui perd toute sa valeur

Las! Les rapports avec Claude Carrère tourneront aussi à l'aigre. En effet, lors du rachat de B3Com, cette société vit de ses contrats avec M6, notamment un contrat d'exclusivité qui lui assure 4,8 millions d'euros de revenus par an, et fait toute la valeur de B3Com.

Mais, un an après le rachat, patatras! L'animateur quitte avec fracas M6 pour TF1. "Suite à son départ sur TF1, Benjamin Castaldi se cantonne à l’animation d’émissions produites, non pas par sa société B3Com, mais par TF1 ou Endemol. Benjamin Castaldi se retrouve ainsi salarié des sociétés productrices des émissions qu’il anime", indiquent les comptes de Carrère.

En clair, les émissions animées sur TF1 ne rapportent plus de chiffre d'affaires à B3Com, qui perd parallèlement tous ses contrats avec M6. Résultat: le chiffre d'affaires de la société s'effondre, passant de 5 à 1,4 million d'euros entre 2004 et 2007. Le versement de dividendes s'arrête. La valeur de B3com est dépréciée à zéro par Carrère. Et finalement, l'entreprise est liquidée en mai 2008.

Furieux, Claude Carrère porte plainte début 2008 contre Benjamin Castaldi devant le tribunal de commerce de Paris, avant de finalement retirer sa plainte, indique le registre du tribunal.

NB : l'article a été mis à jour avec les réponses de Benjamin Castaldi.

Les sociétés de Benjamin Castaldi

Pepino SARL Activité: holding, gestion de l'image Actionnaire: Benjamin Castaldi (100%) Création: 2005

B 3 Com SAS
Activité: production TV Création: 1999 Actionnaires: Benjamin Castaldi/Pepino, Lagardère (achète 50% en 2003, les revend en 2005 à Benjamin Castaldi), Carrère (rachète 51% en 2005), Big Pomme/Pierre-Antoine Boucly (achète 12,5% fin 2003 puis les revend à Pepino en février 2008) Liquidation judiciaire: mai 2008

JES Prod SAS
Activité: production TV Création: 2008 Actionnaires: à l'origine Benjamin Castaldi à 100%. Banijay Entertainment prend 50,04% en 2008, puis monte à 100%. Dissolution: 2011

Expat TV SARL
Activité: production TV Actionnaires: Benjamin Castaldi (40%), Pierre-Antoine Boucly (40%), Roland Perez (20%) Création: 2005

Bada Bing Productions SARL
Activité: production TV Actionnaire: B3Com Création: 2007 Liquidation judiciaire: 2008

De ville en ville prod SARL
Activité: production  Actionnaires: B3Com (100%) Création: 2005 Liquidation judiciaire: 2010

Il est l'or communication SARL
Activité: soutien au spectacle vivant Création: 2012

JES Immobilier SCI
Activité: location immobilière Création: 2001 Redressement judiciaire: 2014

Source: registre du commerce

Jamal Henni