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Accor: le fonds Colony s'explique sur l'éviction du patron

Sébastien Bazin, président du fonds d'investissement Colony Capital et vice-président du conseil d'administration d'Accor.

Sébastien Bazin, président du fonds d'investissement Colony Capital et vice-président du conseil d'administration d'Accor. - -

Le débarquement du PDG du groupe hôtelier, Denis Hennequin, par son conseil d'administration a fait pleuvoir les critiques sur les gros actionnaires d'Accor. Le patron de l'un d'eux, Colony Capital, y répond ce samedi.

Le président du fonds Colony Capital, un des plus gros actionnaires du groupe hôtelier Accor avec 10% du capital, s'exprime dans les colonnes du Figaro ce samedi 27 avril. Une interview en forme de plaidoirie après l'éviction de Denis Hennequin de la présidence de l'entreprise.

Sébastien Bazin, membre du trio qui le remplacera, est un de ceux qui ont voté pour le départ du PDG d'Accor, en conseil d'administration. En cause: ses différences de vue avec les fonds d'investissement Eurazeo et Colony Capital. Ce qui fait dire à certains analystes et petits porteurs que la cupidité préside aux décisions des gros actionnaires.

"Denis Hennequin avait posé le bon diagnostic sur la situation d'Accor", mais il a eu le tort de revenir sur la stratégie qu'il avait choisi d'adopter à l'origine, explique Sébastien Bazin. Or "il ne peut pas y avoir de chemins divergents, autres que celui accepté par tous et annoncé", fait-il valoir.

Pas de prise de contrôle rampante

Un des sujets de désaccord entre Denis Hennequin et les fonds d'investissement à son capital portait sur la scission de la branche "immobilier" du groupe. Le premier la remettait en cause, les seconds voulaient la voir intervenir au plus vite. Il ne faut pas voir là de volonté de valoriser rapidement une participation mais une volonté de "libérer des ressources" pour "investir dans les marques", assure le patron de Colony Capital.

Il indique par ailleurs que la décision d'exclure le patron a été prise "à l'unanimité". Et ce, comme "toutes les décisions récentes", y compris concernant les recrutements et les départs d'un groupe qui a changé trois fois de PDG en huit ans. Colony "ne dicte pas sa stratégie", et n'opère pas de "prise de contrôle rampante", ajoute-t-il.

A ceux qui lui reprochent d'avoir une vision financière et de court terme, Sebastien Bazin répond qu'il est "absurde" d'opposer "l'entrepreneur développeur" et le "financier prédateur", de distinguer "petit ou gros actionnaire". Il rappelle qu'avec un milliard d'euros investi en huit ans de présence au capital, Colony est l'un des plus anciens actionnaires d'Accor. Celui qui assure ne pas être "un financier zappeur" estime ne pas avoir "de leçon de long terme à recevoir".

N.G.