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Covid-19: le labo français Sanofi prévient que s'il trouve un vaccin les Américains seront les premiers servis

Le gouvernement américain "a le droit aux plus grosses pré-commandes", a expliqué Paul Hudson, en raison de sa prise de risque dans la recherche d'un vaccin au côté du géant pharmaceutique

Le gouvernement américain "a le droit aux plus grosses pré-commandes", a expliqué Paul Hudson, en raison de sa prise de risque dans la recherche d'un vaccin au côté du géant pharmaceutique - AFP

Le Américains "obtiendront les vaccins en premier" a prévenu le directeur général du laboratoire français Paul Hudson en expliquant que les Etats-Unis "partagent le risque" des recherches menées à travers un partenariat. Bercy se dit "très surpris par cette déclaration".

Sanofi servira les États-Unis en premier s'il trouve un vaccin contre le nouveau coronavirus, puisque le pays "partage le risque" des recherches menées à travers un partenariat, a dit le directeur général du laboratoire français Paul Hudson à l'agence Bloomberg, mercredi. 

Le gouvernement américain "a le droit aux plus grosses pré-commandes", a expliqué Paul Hudson, en raison de sa prise de risque dans la recherche d'un vaccin au côté du géant pharmaceutique.

"J'ai fait campagne en Europe pour dire que les États-Unis recevront les vaccins en premier", a déclaré Hudson via un lien vidéo depuis son domicile à Paris. "C'est comme ça parce qu'ils ont investi pour essayer de protéger leur population, pour redémarrer leur économie".

Bercy se dit "très surpris par cette déclaration", a déclaré à BFMTV une source.

Un accord de coopération avec une Autorité de santé américaine

Sanofi, l'un des plus grands spécialistes des vaccins au monde, s'est lancé dans la course contre le nouveau coronavirus mi-février, avec l'annonce d'un accord de coopération avec l'Autorité pour la recherche et développement avancée dans le domaine biomédical (Barda), qui dépend du ministère américain de la Santé.

Barda entretient une relation de longue date avec Sanofi. L'agence américaine lui a accordé 226 millions de dollars en décembre pour accroître ses capacités de production de vaccins contre la grippe pandémique.

Sanofi utilisera sa technologie de recombinaison de l'ADN pour "accélérer la mise au point d'un vaccin potentiel contre le Covid-19", indiquait-il alors.

A cet effet, le groupe s'est allié avec le britannique GSK, une collaboration dont les deux laboratoires espèrent obtenir un résultat d'ici 2021.

Par ailleurs, le laboratoire français collabore également avec Translate Bio, une biotech américaine, qui développe des médicaments à base d'ARN messager, dans le but de mettre au point un autre type de vaccin contre le Covid-19. 

A travers le monde, plus de 100 projets de vaccins sont actuellement à l'étude, avec une dizaine d'essais cliniques déjà en cours.

Dans la soirée, après le tollé provoqué en France par cette déclaration, Sanofi a tenu à préciser dans communiqué en soirée que "la production sur le sol américain sera principalement dédiée aux États-Unis et le reste de nos capacités de production sera alloué à l'Europe, à la France et au reste du monde".

Pascal Samama avec AFP