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Couche-Tard/Carrefour: le gouvernement canadien "déçu" mais "encouragé"

Dans un communiqué, la ministre canadienne du Commerce international, Mary Ng, a regretté l'abandon des discussions sur un rachat de Carrefour par Couche-Tard, tout en se disant "encouragée" par l'annonce d'un partenariat opérationnel entre les deux groupes.

Le gouvernement canadien s'est dit "encouragé" samedi par l'annonce de la recherche de partenariats opérationnels entre Carrefour et Couche-Tard, tout en regrettant que les discussions sur un rapprochement initiées par le groupe québécois aient dû être interrompues.

"Nous regrettons d'apprendre que Couche-Tard ne poursuivra pas ses investissements dans la compagnie française Carrefour", a déclaré la ministre du Commerce international Mary Ng dans un communiqué. "Nous sommes toutefois encouragés par la nouvelle que Couche-Tard et Carrefour continueront à explorer un partenariat opérationnel".

Dans un communiqué commun publié samedi, le français Carrefour et le canadien Couche-Tard ont annoncé qu'ils renonçaient à leurs discussions en vue d'un "rapprochement amical" initié par le groupe québécois en début de semaine, "au vu des récents événements". La veille, le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire avait opposé le véto du gouvernement français à un tel rapprochement, au nom de la "sécurité alimentaire".

"Construire des partenariats innovants"

Les deux groupes ont toutefois décidé de poursuivre des discussions pour "construire des partenariats innovants" dans des domaines comme la distribution de carburant ou le développement d'achats en commun. La ministre du gouvernement libéral de Justin Trudeau souligne toutefois que "le commerce et les invertissements bilatéraux bénéficient aux entreprises des deux côtés de l'Atlantique et renforcent nos liens économiques".

La veille, une source gouvernementale canadienne ayant requis l'anonymat avait critiqué l'argument de la menace à la sécurité alimentaire des Français invoquée par Paris. "On peut soutenir qu'il est possible politiquement de décider de ne pas autoriser que le principal employeur du pays passe entre des mains étrangères", a reconnu cette source. "Mais on ne peut pas accuser une entreprise canadienne de premier plan comme Couche-Tard de mettre en danger la souveraineté alimentaire de tout un pays".

La ministre du Commerce international a promis samedi qu'Ottawa "continuera de travailler avec la France sur un programme commercial inclusif, et à renforcer nos relations économiques en créant des emplois et en promouvant de nouvelles opportunités pour les entreprises canadiennes et françaises alors que nos économies se remettent de la pandémie de Covid-19".

P.L. avec AFP