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Le rachat de Carrefour par Couche-Tard prend un tournant politique entre la France et le Québec

Le gouvernement québécois a rappelé à la France que son gouvernement ne s'était pas opposé au rachat de Bombardier par Alstom. Une discussion avec Emmanuel Macron pourrait avoir lieu pour débloquer le dossier.

"Ma position, c'est un non courtois, mais clair et définitif". C'est la position du ministre de l'Economie au rapprochement proposé par le canadien Couche-Tard au géant français Carrefour. Clair, possible, mais définitif, de moins en moins sûr.

Selon nos informations, Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Economie du Québec aurait clairement dit à Bruno Le Maire lors d'échanges dans la matinée au Quebec (dans l'après-midi en France) que sur le plan économique, ce dossier ne devait être traité qu'entre les deux parties. Il aurait même affirmé qu'il y aurait déjà eu une entente entre les dirigeants des deux groupes, Alain Bouchard (Couche-Tard) et Alexandre Bompard (Carrefour).

Une intervention possible de Justin Trudeau

Pierre Fitzgibbon estime que désormais ce dossier est clairement devenu politique. Il a même rappelé que lorsque Alstom a racheté le fleuron canadien de l'aéronautique, Bombardier, l'opération avait été très bien accueillie par le Canada. "Ça va dans les deux sens", a appuyé le ministre québécois.

Enfin, Pierre Fitzgibbon n'a pas exclu qu'Emmanuel Macron soit appelé directement par le Premier ministre François Legault et même que Justin Trudeau, Premier ministre du gouvernement fédéral, pourrait aussi se mêler de cette affaire.

Une nouvelle discussion doit avoir lieu dans la soirée entre Bruno Le Maire et Pierre Fitzgibbon. Selon Bercy, le ministre français de l'Economie compte expliquer sson point de vue à son homologue.

Cette position pourrait être d'autant plus dissuasive que le gouvernement a le pouvoir de bloquer les opérations de rachat dans l'industrie agroalimentaire, via la réglementation sur le contrôle des investissements étrangers. "Je préfère ne pas avoir à l'employer", a dit Bruno Le Maire sur BFMTV en précisant néanmoins qu'il n'hésitera pas "s'il le faut".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco