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Chiffres du chômage : les entreprises familiales résistent mieux à la crise

60% des entreprises familiales  déclarent même une croissance d'activité de 5% en un an

60% des entreprises familiales déclarent même une croissance d'activité de 5% en un an - -

Les chiffres du chômage pour le mois de décembre sont attendus ce vendredi soir. Ils ne seront pas bons. Mais au milieu de ce marasme, une bonne nouvelle : les entreprises familiales s’en sortent bien. « Quand on est une entreprise familiale, on a l’obligation de perpétuer une certaine qualité », explique un de ces patrons.

Tous les jours, 1000 personnes s’inscrivent à Pôle Emploi. Et pour le mois de décembre, les chiffres du chômage qui sont attendus ce vendredi soir, devraient comme depuis deux ans, ne pas être bons. Michel Sapin, le ministre du Travail a d'ailleurs prévenu ce vendredi que la bataille contre le chômage ne se gagnait pas en un mois.
Le chiffre précédent, pour le mois de novembre, avait déjà été mauvais : 29 300 chômeurs sans aucune activité de plus en un mois. 3 132 600 chômeurs de catégorie A. Mais face cette morosité économique, certaines entreprises s’en sortent mieux que d’autres. Parmi ces sociétés, les entreprises familiales font figures d’exemple. Présentes dans tous les secteurs, en difficulté ou non les entreprises familiales résistent encore et toujours. Selon une étude du cabinet de conseil Ernst&Young publiée en début de semaine. 60% d'entre elles déclarent même une croissance d'activité de 5% en un an, 1 sur 6 une croissance de 15%Cela montre que le modèle de l'entreprise familiale demeure solide face à l'adversité », estime le cabinet. Grâce à leur flexibilité, leur continuité et leur vision à long terme, les entreprises familiales qui représentent 8 PME sur 10 en France créent de nombreux emplois et apportent de la stabilité à l’économie.

« En cas de crise, on va réduire ses salaires, on va se motiver »

Signe de la bonne santé de ces entreprises, Bruno Bizalion a créé le label "Entreprises Familiales" il y a 4 ans. Aujourd’hui, 1 200 entreprises adhérent à ce label. Pour son fondateur, il y a plusieurs raisons qui expliquent la bonne santé des entreprises familiales. « Elles sont en bonne santé car le cycle de direction est long, explique-t-il sur RMC. Il est de l’ordre de 30 ans. On a donc une visibilité à long terme. Quand le dirigeant prend une décision il a toutes les chances de voir l’impact de sa décision. On va mesurer le risque car on a envie de transmettre aux générations suivantes ce que l’on a hérité. En cas de crise, on va réduire ses salaires, on va se motiver, on va faire le gros dos dans un souci de pérennité. On va se sacrifier aussi. Quand on est une entreprise familiale, on a l’obligation de perpétuer une certaine qualité, son nom, son entreprise ».

« Dans une entreprise familiale, le successeur c’est la famille, on fait attention »

Charles Darbonne dirige une entreprise familiale. Il fait partie de la cinquième génération à prendre la tête de l'entreprise Doregal, leader mondial des herbes aromatiques alimentaires qui compte 600 salariés en France. Pour lui, le succès tient surtout à la bonne gestion de l’entreprise. « Quand vous gérez vous-même vos sous, quand on investit, on vérifie si les résultats sont atteints, constate-t-il. Dans une entreprise financière, le directeur général quitte l’entreprise, et c’est le directeur suivant qui efface l’ardoise de son prédécesseur. Dans une entreprise familiale, le successeur, c’est la famille donc on a intérêt à vérifier. Et puis ensuite, on n’a pas de compte à rendre à 3 ou 6 mois. Là, on investit le marché chinois. On ne compte pas avoir une rentabilité avant au moins 3 ans. Une entreprise financière, elle, vous donne un an et puis c’est terminé ».

Tugdual de Dieuleveult avec T. Chupin