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Pierre Berger, itinéraire d’un surdoué

Pierre Berger est décédé d'une crise cardiaque dans la nuit de jeudi à vendredi.

Pierre Berger est décédé d'une crise cardiaque dans la nuit de jeudi à vendredi. - Patrick Kovarik - AFP

De Polytechnique à la tête d’Eiffage en passant par Vinci, le dirigeant, disparu dans la nuit de jeudi à vendredi, a franchi les étapes à toute vitesse. Portrait.

Quasi inconnu du grand public, Pierre Berger n’en était pas moins brillant. En témoigne une carrière qui, si elle n’avait pas été tragiquement interrompue dans la nuit de jeudi à vendredi, l’aurait à coup sûr conduit vers les sommets. Emporté par une crise cardiaque à l’âge de 47 ans, le patron d’Eiffage avait en effet connu une ascension fulgurante dans le secteur du bâtiment.

Né le 9 juillet 1968 à Issy-les-Moulineaux, Pierre Berger franchit les étapes à grande vitesse. Bachelier à 15 ans, polytechnicien, il rejoint ensuite l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées mais abandonne vite la fonction publique pour créer, à 23 ans, son propre bureau d’études. Quatre ans plus tard, celui-ci est absorbé par l’entreprise Ménard Soltraitement, elle-même vendue à une filiale de Vinci par la suite.

Au sein du géant du BTP, ce surdoué gravit rapidement les échelons, jusqu'à devenir PDG de la filiale Construction Grands projets de Vinci en 2004, puis membre du comité exécutif.

La réussite au rendez-vous

Une réussite qui agace en haut lieu: lui reprochant sa gestion de certains chantiers et une parole parfois trop libre, les barons du groupe mettent un frein à son ascension.

La concurrence, elle, ne laisse pas l’occasion passer. Fin 2010, Pierre Berger devient ainsi numéro 2 d’Eiffage, troisième groupe de BTP derrière Vinci et Bouygues. Moins d’un an plus tard, il prend la direction générale, avant de succéder officiellement au charismatique président Jean-François Roverato. Il n’a alors que 44 ans.

Depuis, la réussite a souvent été au rendez-vous. Le titre Eiffage a ainsi progressé de 83% en quatre ans, et le bénéfice grimpé de 34%. Sportif aguerri, passionné de tennis, de vélo et de ski, le dirigeant était également un homme apprécié de ses salariés. En témoigne la "profonde émotion et tristesse" de la CFDT d’Eiffage, qui lui a rendu un hommage appuyé ce vendredi.

Pierre Berger était marié, et avait trois enfants.

Yann Duvert