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Visa casse sa tirelire et débourse 5 milliards de dollars pour s'offrir la fintech Plaid

Pour Visa, cette acquisition est le moyen de se doter d'"activités complémentaires" et de s'ouvrir à "de nouvelles opportunités de marché.

Pour Visa, cette acquisition est le moyen de se doter d'"activités complémentaires" et de s'ouvrir à "de nouvelles opportunités de marché. - Pixabay

Le géant américain a annoncé avoir mis la main sur Plaid, une fintech californienne fondée en 2012 spécialisée dans l'interconnexion de comptes bancaires à des applications financières.

Visa casse sa tirelire. Lundi 13 janvier, le mastodonte américain a annoncé dans un communiqué s'être emparé de Plaid pour 5,3 milliards de dollars (4,8 milliards d'euros). Une fintech américaine qui a conçu une plateforme qui vise à faciliter la connexion sécurisée des banques aux applications des consommateurs.

Si Visa a décidé de débourser autant pour mener à bien cette opération (quasiment le double de la valorisation de Plaid lors de son dernier tour de table en 2018, qui valorisait alors l'entreprise 2,65 milliards de dollars, soit 2,38 milliards d'euros), c'est bien parce cette dernière affiche une croissance que quantité d'entreprises pourraient lui envier, avec des revenus qui augmentent de 100% par an, détaille Visa.

Visa ne veut pas passer à côté de ce marché. "La connectivité entre les institutions financières et les développeurs est devenue de plus en plus importante pour faciliter la capacité des consommateurs à utiliser les applications fintech. 75% des consommateurs connectés à internet dans le monde ont utilisé une application fintech pour initier un mouvement d'argent en 2019 contre 18% en 2015", assure Visa sur son site, invoquant une étude EY qui mesure l'adoption des technologies financières.

"Epicentre des technologies financières"

En outre, il s'agit d'un moyen pour Visa de se doter d'"activités complémentaires" et de s'ouvrir à "de nouvelles opportunités de marché (…) aux États-Unis et à l'étranger". Au-delà d'apporter de la valeur ajoutée "aux développeurs de technologies financières" et de travailler plus étroitement avec les fintechs, cette acquisition devrait surtout permettre au géant américain de stimuler sa croissance, mais également de se placer "à l'épicentre du monde des technologies financières".

Du côté de Plaid, on se réjouit tout autant. Sur son blog, le patron et cofondateur de Plaid Zach Perret, a indiqué que cette acquisition marquait "une étape importante pour notre entreprise et pour la fintech". 

Dans le détail, la plateforme développée par Plaid a pour but de permettre aux consommateurs finaux (clients des banques ou des start-up qui utilisent la technologie développée par Plaid) de partager plus facilement leurs informations financières avec des milliers d'applications et de services comme Acorns, Betterment, Chime, Transferwise, ou encore Venmo. 

Le but: que les consommateurs aient recourt à ces applications et services pour, par exemple, planifier leurs dépenses et surveiller leurs investissements. A ce jour, Plaid se targue d'être connectée, via sa plateforme, à 11.000 institutions financières situées aux États-Unis, au Canada et en Europe. 

Le défi tricolore

En novembre dernier, la fintech annonçait le lancement de la version beta de sa plateforme en France, en Irlande et en Espagne. La France qui, selon Zach Perret, constitue "l'un des premiers pays où les start-up technologiques demandent le plus souvent à être intégrées dans notre réseau de données financières".

En principe, Plaid devrait poursuivre son expansion tricolore et lancer des applications de gestion des finances personnelles ainsi que des plateformes d'interconnexion avec plusieurs clients pilotes de premier plan comme BNP Paribas, Société Générale, La Banque Postale ou encore N26. Objectif affiché: que les plus de 320 fintechs françaises disposent, dans les années à venir, d'un accès fiable et instantané à près de 80% des comptes courant personnels du pays.

J.C-H