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Vidéo: Jérôme Kerviel va être fixé sur son sort

L'ancien trader Jérôme Kerviel connaîtra le verdict de la Cour d'appel ce mercredi 24 octobre.

L'ancien trader Jérôme Kerviel connaîtra le verdict de la Cour d'appel ce mercredi 24 octobre. - -

La Cour d'appel de Paris rend son verdict ce mercredi 24 octobre dans le procès qui vise l'ex-trader de la Société Générale. Il risque cinq ans de prison et le remboursement de 4,9 milliards d'euros. Mise à jour (vidéo) à 8h00

Ce doit être l'aboutissement d'un long feuilleton judiciaire, même s'il n'est pas certain que ce soit le dernier épisode de l'affaire. La Cour d'appel de Paris rend mercredi à 13h30 sa décision dans le procès de Jérôme Kerviel, l'ex-trader de la Société Générale poursuivi pour une perte record en 2008, qui encourt cinq ans de prison et des dommages et intérêts de 4,9 milliards d'euros.

L’ex-trader est poursuivi pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque. Il est en effet accusé d'avoir pris à l'insu de sa hiérarchie des positions spéculatives de dizaines de milliards d'euros sur des marchés à risque et d'avoir déjoué les contrôles avec des opérations fictives, de fausses écritures et des mensonges.

La Société générale réclame toujours 4,9 milliards d'euros

En première instance, en 2010, il avait été condamné à cinq ans de prison dont trois ferme, et à rembourser à la banque cette somme astronomique, correspondant à la perte qu'elle affirme avoir subie par sa faute. Au procès en appel en juin, l'accusation a requis la peine de prison maximum, soit cinq ans, sanction qui pourrait se traduire par une incarcération immédiate si la cour le décidait. Jérôme Kerviel avait effectué 39 jours de détention provisoire en 2008.

La Société Générale a de nouveau réclamé ses 4,9 milliards, même s'il est évident que Jérôme Kerviel, 35 ans, issu d'une famille modeste et sans emploi, ne remboursera jamais une telle somme.

Kerviel, un "hamster dans sa roue"

L'ancien trader a admis avoir perdu le sens des réalités, se décrivant comme "un hamster dans sa roue", et affirmant n'avoir eu pour objectif que de faire gagner de l'argent à la banque. Mais il a aussi répété que ses supérieurs savaient qu'il outrepassait son mandat et prenait des positions spéculatives. En appel, il s'est même dit victime d'une machination, par laquelle la banque aurait couvert ses positions afin de lui faire porter la responsabilité de pertes subies dans la crise des "subprime".

Le 24 janvier 2008, quand la Société Générale avait révélé la "fraude" de 4,9 milliards d'euros imputée à Jérôme Kerviel, elle avait aussi annoncé pour 2 milliards de pertes dues aux crédits hypothécaires américains. Mais l'enquête n'a détecté aucun complot. Sans la prouver, des témoins sont venus au procès appuyer cette thèse, qualifiée de "n'importe quoi" par l'ancien PDG Daniel Bouton.

BFMbusiness.com et AFP