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Standard Chartered accusée d’avoir caché des transactions avec l’Iran

Standard Chartered conteste les accusations de l'Autorité de régulation de l'Etat de New York.

Standard Chartered conteste les accusations de l'Autorité de régulation de l'Etat de New York. - -

Lundi 6 août, l'Autorité de régulation américaine a accusé la banque britannique Standard Chartered (SCB) d’avoir caché près de 250 milliards de transactions avec l’Iran. Ce mardi, la banque a publié un démenti catégorique.

Après HSBC, un nouveau scandale mettant en cause une banque britannique éclate aux Etats-Unis. Le Département des Services financiers de l'Etat de New York accuse Standard Chartered d'avoir perçu près de 250 milliards de commissions sur des transactions avec l'Iran, et ce pendant "au moins dix ans".

Standard Chartered aurait non seulement violé la loi américaine en matière de blanchiment mais aussi mis en danger le système financier américain en traitant avec l’Iran. Le pays est "persona non grata" sur la scène internationale, et surtout pour les Etats-Unis qui considèrent la République islamique comme un ennemi ultime.

D’autre part, Standard Chartered, est accusée d'avoir dissimulé l'origine des transactions. "Entre janvier 2001 et jusqu'en 2007, SCB a conspiré avec ses clients iraniens pour faire transiter près de 60 000 paiements différents en dollars par sa filiale new-yorkaise après avoir retiré les informations des messages de virements permettant d'identifier des pays, entités et individus frappés de sanctions", indique l’autorité new-yorkaise.

Ainsi, pour le régulateur, la banque britannique a tout simplement rendu le système financier américain accessible aux terroristes, trafiquants d'armes, de drogue et autres régimes corrompus.

Dans son "injonction", l'autorité de l'Etat de New York a précisé qu'elle fondait ses accusations sur "plus de 30 000 pages de documents, y compris des courriels internes à SCB qui décrivent des infractions au droit délibérées et condamnables".

Standard Chartered dément catégoriquement

Ce mardi, Standard Chartered a publié un communiqué pour démentir les accusations dont elle fait l'objet. "Le groupe réfute fermement la position ou la description des faits telle qu'elle est exposée dans l'injonction", affirme le communiqué.

La banque a annoncé qu'elle entendait contester "en droit" les accusations du régulateur américain, précisant par ailleurs être déjà en discussions avec les autorités fédérales à ce sujet.

Elle a aussi indiqué que "99,9%" des paiements liés à l'Iran étaient conformes aux réglementations, estimant que ceux ne l'étant pas représentent "moins de 14 millions de dollars", qu'aucun paiement n'était lié à une entité désignée comme terroriste au moment des faits, et qu'en tout état de cause elle avait cessé toute "nouvelle activité" avec des clients iraniens "il y a plus de cinq ans".

Standard Chartered devra livrer sa version des faits le 15 août devant l’Autorité de régulation. Elle risque de perdre sa licence bancaire dans l'Etat de New York.

Aurélie Boris et BFMbusiness.com