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Réchauffement climatique: le coût inquiétant des catastrophes naturelles

Les catastrophes naturelles risquent de se multiplier.

Les catastrophes naturelles risquent de se multiplier. - Anne-Christine Poujoulat - AFP

Entre 1988 et 2013, les catastrophes naturelles ont coûté 48 milliards d'euros aux assureurs. Ce sera encore deux fois plus d'ici à 2039.

La facture va devenir de plus en plus salée. Le coût des dégâts causés par des catastrophes naturelles devrait grimper à 92 milliards d'euros en France entre 2014 et 2039, soit pratiquement le double de celle des 25 années précédentes, selon une projection de la profession. Entre 1988 et 2013, les aléas naturels (sécheresses, inondations, submersions marines et tempêtes) ont coûté 48 milliards d'euros aux assureurs, soit une facture moyenne de 1,9 milliard d'euros par an.

Dans le détail, le coût de la sécheresse passerait sur 25 ans de 8 à 21 milliards d'euros, un bond majoritairement lié au réchauffement climatique (pour 8 milliards d'euros). En ce qui concerne les inondations, la facture passerait de 16 à 34 milliards d'euros. Le changement climatique y jouerait un faible rôle (pour 1 milliard), contrairement à l'augmentation de la richesse du pays (8 milliards).

En y ajoutant les épisodes de submersion marine, à l'image des dégâts engendrés par la tempête Xynthia en 2010, un surcoût compris entre 3,2 et 4,2 milliards d'euros serait à prendre en compte, précise l'Afa. Enfin, en ce qui concerne les tempêtes, qui ont constitué l'aléas climatique le plus coûteux pour la profession au cours des 25 dernières années à cause notamment du caractère exceptionnel de celles de 1999, les assureurs s'attendent à devoir indemniser pour 33 milliards d'euros de dégâts d'ici 2040.

34 propositions 

Cette évaluation s'accompagne de 34 propositions destinées à améliorer les politiques de prévention et développer la culture du risque. L'augmentation du coût des dégâts tient pour 43% à la hausse globale du niveau de richesse du pays, le changement climatique apparaissant comme le deuxième facteur, à hauteur de 30%, selon l'Association française de l'assurance (Afa) qui publie pour l'occasion un livre blanc. "Les données montrent que le changement climatique est déjà à l'oeuvre en France. 13 milliards d'euros sur les 44 milliards d'augmentation sont liés au facteur climat.

La France, comme le reste du monde, est donc concernée", ont souligné Bernard Spitz et Pascal Demurger, respectivement président et vice-président de l'Afa, auprès de l'AFP.

Parmi les propositions du livre blanc figurent par exemple une réforme du fonds Barnier destiné à la prévention des risques naturels majeurs afin d'améliorer sa gouvernance, la mise en place d'outils pour le grand public relatifs à la prévention des risques naturels ou encore une réforme du régime des catastrophes naturelles.

D. L. avec AFP