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Qui se cache derrière les banques en ligne?

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- - Bertrand Guay - AFP

Les six plus grandes banques en ligne en France sont toutes détenues par des grands noms de la finance. Si la majorité d'entre elles n'en fait pas étalage, c'est pour des raisons très pragmatiques.

Vous voulez contourner les grands établissements traditionnels en ouvrant un compte dans une banque en ligne? Si vous logez vos avoirs dans l'une des six plus grandes, c'est raté: elles appartiennent toutes aux historiques qui ont pignon sur rue.

Ainsi, Boursorama appartient à la Société Générale, Hello Bank! à BNP Paribas, Monabanq au Crédit Mutuel. Fortuneo est une filiale du Crédit Mutuel Arkéa et BforBank du Crédit Agricole. ING Direct porte, elle, le nom de sa célèbre maison-mère, le groupe néerlandais ING.

Même les fintechs, ces start-up spécialisées dans la finance, lorsqu'elles offrent des services bancaires de détail, le font souvent pour un acteur historique. Par exemple le Compte Nickel, ce compte sans banque auquel on souscrit chez un buraliste, a été racheté cet été par BNP Paribas.

Sur un nouveau marché, on avance masqué

Pourquoi les banques en ligne ne mentionnent-elles pas (pour la plupart) leur affiliation à une banque traditionnelle? Cela pourrait pourtant être un gage de confiance pour des usagers qui utilisent encore majoritairement ces "pure players" en complément de leur compte bancaire traditionnel. Et même si ces nouvelles-nées ont souvent été rachetées, BNP, Société Générale et les autres auraient très bien pu changer leur nom.

Deux raisons d'avancer masqué, selon Jean-Marc Lehu, professeur de marketing à Paris I. La première: "Lorsque vous vous lancez sur un nouveau marché, vous n'avancez pas à visage découvert, afin de pouvoir couper la branche sans entacher votre réputation", souligne-t-il. Surtout qu'il sera "toujours plus facile de revendre une activité si elle n'est pas identifiée au grand groupe qui continuera d'exister sans elle", ajoute-t-il.

Deuxième raison: "Tous ces grands acteurs historiques ne pouvaient pas légitimement arriver sur le web avec comme seul argument un prix moindre sans risquer de cannibaliser leur banque de détail physique", pointe Jean-Marc Lehu. Quand 1 Français client de banque en ligne sur 3 en a fait sa banque principale, la nécessité est patente. Un problème qui ne se pose pas avec Orange Bank, lancée ce jeudi, puisque son activité historique d'opérateur télécom ne risque pas d'en souffrir.

Quelques banques en ligne sont un peu plus indépendantes. Des banques mobiles, comme la britannique Revolut ou l'allemande N26, dans la mesure où elles ne sont pas détenues par un établissement traditionnel. Notez toutefois que la première n'a pas de licence bancaire et loge vos avoirs chez Barclays ou Lloyd's. 

Nina Godart