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Pourquoi Goldman Sachs invite ses clients fortunés à éviter les bitcoins et les autres crypto-actifs

En 2012, l'agence Reuters révélait qu'un certain nombre de collaborateurs de Goldman Sachs et de Morgan Stanley se rendaient très régulièrement sur les premières plateformes pour acheter et vendre des bitcoins.

En 2012, l'agence Reuters révélait qu'un certain nombre de collaborateurs de Goldman Sachs et de Morgan Stanley se rendaient très régulièrement sur les premières plateformes pour acheter et vendre des bitcoins. - Pixabay

La banque américaine n'est actuellement pas particulièrement friande des crypto-actifs qu'elle trouve trop volatils. A ses clients les plus aisés, elle préconise – même dans un portefeuille diversifié – d'éviter d'y intégrer des bitcoins ou d'autres cryptomonnaies.

Les riches investisseurs ont-ils, en ce moment, intérêt à investir dans les cryptomonnaies? Si l'on en croit la dernière conférence organisée à ce propos par Goldman Sachs, il semblerait que "non". Le 27 mai dernier, la banque d'investissement américaine réunissait ses clients les plus fortunés à l'occasion d'une conférence afin de discuter économie, bitcoin et inflation.

Lors d'une présentation intitulée "Perspectives économiques américaines et implications politiques actuelles sur l’inflation, l’or et le bitcoin", la directrice des investissements de la gestion de fortune privée de la banque, Sharmin Mossavar-Rahmani, n'a pas hésité à rappeler les risques qui entourent cette cryptommonaie.

"Pas un motif viable d'investissement"

Selon la banque américaine, cette typologie de crypto-actifs n'a pas lieu d'être intégrée dans un portefeuille. Même s'il se voudrait particulièrement bien diversifié ou offensif. Goldman Sachs considère en effet que les bitcoins et autres cryptomonnaies se révèlent non seulement en proie aux bulles, mais également loin d'être efficaces pour se prémunir de l'inflation. Jugés trop volatils, trop dangereux, trop instables, les crypto-actifs ont beau être attrayants, "cet attrait ne constitue pas un motif viable d'investissement", souligne la banque.

En novembre 2017, Lloyd Blankfein, alors président de Goldman Sachs, avait déclaré que "quelque chose qui varie de 20% du jour au lendemain" ne pouvait "être considéré comme une monnaie. C'est un moyen de frauder", avait-il à l'époque indiqué, précisant que si un client venait à souhaiter en acheter, Goldman Sachs lui recommanderait de se tourner vers un autre établissement.

Les risques pas assez rémunérés

Pour la banque d'investissement américaine, les risques liés aux bitcoins se révèlent trop importants. Non seulement, ils ne sont pas assez rémunérés, mais les perspectives de rendements sont loin d'être élevées, selon Goldman Sachs. D'où sa mise en garde destinée à ses clients les plus fortunés et donc les plus enclins aux risques.

Une ligne de conduite que la banque américaine est accusée de ne pas toujours avoir suivie. L'an dernier, elle démentait un projet né en 2017 qui avait pour ambition de lancer une activité de cryptomonnaie. A l'époque, ce projet n'aurait pas obtenu le feu vert du conseil d'administration de Goldman Sachs, compte tenu notamment du plongeon du bitcoin. Il aurait donc été abandonné.

En 2012, l'agence Reuters révélait qu'un certain nombre de collaborateurs de Goldman Sachs et de Morgan Stanley se rendaient très régulièrement sur les plateformes permettant d'acheter et de vendre des bitcoins. De quoi, là encore, désavouer la posture de la banque concernant la star des crypto-actifs.

Depuis la conférence de Goldman Sachs du 27 mai dernier, le cours du bitcoin est passé de 9.100 dollars à un peu plus de 9.500 dollars, soit une hausse de 4,5%. Et par rapport au 1er janvier, le bitcoin affiche une belle progression de près de 33%. Reste que le cours du crypto-actif est toujours deux fois inférieur à ce qu'il était lors de son pic de fin 2017. 

Julie Cohen-Heurton