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Panama papers: Société Générale a fait ouvrir 979 sociétés offshore

La tour Société Générale à la Défense

La tour Société Générale à la Défense - Clara Giraud - Flickr - CC

"La banque tricolore fait partie du Top 5 des établissements qui ont le plus demandé à Mossack Fonseca, le cabinet d'avocat au cœur du scandale, de lui ouvrir des entreprises offshore, révèle Le Monde."

Après Michel Platini, l'entourage de Vladimir Poutine ou encore le chef de l'état argentin Mauricio Macri, au tour de Société Générale d'être citée dans les Panama papers, ce scandale mettant au jour les agissements du cabinet d'avocat Mossack Fonseca, soupçonné d'être à l'origine d'un système d'évasion fiscale massive.

Selon les nouvelles révélations du Monde ce mardi 5 avril, Société Générale fait partie du Top 5 des banques ayant le plus sollicité le cabinet depuis sa création en 1977 pour établir des sociétés offshore (c'est-à-dire établies sur un territoire avec des avantages fiscaux), avec 979 entreprises.

La Banque de la Défense est devancée par HSBC (2.300 sociétés) ainsi que les suisses Credit Suisse (1.105 sociétés) et UBS (1.100 sociétés).

Dans un communiqué diffusé en début d'après-midi mardi, la Société Générale s'est défendu en affirmant que "quelques dizaines" de ces entités créées pour ses clients étaient encore actives et qu'elles étaient gérées de façon "totalement transparente". Le ministre des Finances, Michel Sapin, a toutefois convoqué mardi les dirigeants de la Société générale après les révélations sur les liens de la banque avec le cabinet panaméen Mossack Fonseca.

Une centaine d'entités encore actives

Les deux-tiers des 979 sociétés créées par le cabinet Mossack Fonseca à la demande de Société Générale l'ont été via la filiale luxembourgeoise de la banque tricolore, SG Bank and Trust Luxembourg "qui a choisi d’en domicilier une bonne partie dans les paradis fiscaux des Seychelles et des îles Vierges britanniques", indique Le Monde. "Le tiers restant a été commandé par la SG Private Banking de Genève, qui les a enregistrées au Panama, et par sa filiale des Bahamas, la SG Hambros Bank & Trust", poursuit-il.

Le quotidien indique qu'une centaine des entités ouvertes par Société Générale restent actives. Certaines ont été cédées à d'autres gestionnaires, d'autres ont été fermées. Depuis 2012, la banque a nettement ralenti la création de ces sociétés.

Avant ces révélations, Société Générale avait pris les devants lundi en affirmant dans un communiqué ne plus détenir depuis 2012, directement ou indirectement, aucune implantation en activité dans les états et territoires non-coopératifs. "Les structures auxquelles il est fait référence dans les médias ne sont pas détenues par Société Générale mais par des clients. Si la loi française ne prévoit aucune restriction concernant les relations avec des clients établis dans ces juridictions, Société Générale est particulièrement vigilante et mène depuis plusieurs années une politique proactive afin de s'assurer que nos activités respectent les standards les plus élevés en matière de lutte contre la fraude et l'évasion fiscales", avait insisté le groupe bancaire. 

J.M. avec AFP