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Négociations sur le Brexit: la banque d'Angleterre passe aux menaces

La filialisation des banques européennes pourrait coûter 40 milliards d'euros. (images d'illustration)

La filialisation des banques européennes pourrait coûter 40 milliards d'euros. (images d'illustration) - Canary Wharf - Wikimedia - CC

Les banques européennes sont désormais au coeur de la bataille du Brexit. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre se dit en effet prêt à durcir les règles encadrant leurs activités outre-Manche.

Le bras de fer autour du Brexit vient en effet de prendre une nouvelle tournure. Jusqu'ici les banques européennes se demandaient où relocaliser une partie de leurs équipes. Aujourd'hui, certaines menacent tout simplement de quitter Londres. Mark Carney, le gouverneur de la banque d’Angleterre vient donc d'envoyer une petite pique au secteur bancaire. Il menace d’obliger les 140 banques européennes et internationales qui opèrent sur le territoire britannique à transformer leurs succursales en véritables filiales.

L'art de la négociation

Un changement très coûteux. Il nécessite en effet de renforcer les fonds propres. Les banques concernées se trouveraient dans l'obligation de recapitaliser leurs activités indépendamment de leurs maisons-mères. Selon une étude du Boston Consulting Group, la facture pourrait s’élever au total à 40 milliards d’euros.

"C'est le jeu normal de la négociation. Tout le monde se focalise sur les banques britanniques qui n'auront plus accès au marché européen" fait observer un expert. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre a cru bon de rappeler que c'est du donnant donnant. L'accès au marché britannique n'est pas non plus acquis pour les banques européennes.

Des banques menacent de quitter Londres 

S'il met ses menaces à exécution "j'achète un billet de train aller-simple et je prends tout le monde avec moi", assure le responsable d'une grande banque européenne cité par Reuters. "Nous suivons tout cela de très près, et nous aviserons le moment venu" nous explique de son côté le porte-parole d'une grande banque française.

Reste que dans les faits, les groupes bancaires européens n'auront pas vraiment le choix. "Même si certains établissements menacent de partir, dans les faits, la City est évidemment une place incontournable" reconnait d'ailleurs un banquier interrogé par BFM Business.

Caroline Morisseau édité par A.M.