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Naissance du numéro un mondial des distributeurs de billets

Dette comprise, l'offre de Diebold valorise la société allemande Wincor Nixdorf, à 1,7 milliard d'euros.

Dette comprise, l'offre de Diebold valorise la société allemande Wincor Nixdorf, à 1,7 milliard d'euros. - Loïc Venance-AFP

En offrant 1,7 milliard d'euros pour racheter Wincor Nixdorf, l'Américain Diebold détiendra 35% du marché des automates, contre 25% pour NCR, numéro deux mondial.

Les banques vont devoir négocier avec un quasi-oligopole pour renouveler leurs automates et autres guichets automatiques et distributeurs de billets.

Le fabricant américain Diebold a lancé une offre de 1,7 milliard d'euros en actions et en numéraire sur son concurrent allemand Wincor Nixdorf. Réunis, les deux fabricants réaliseront 4,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires en année pleine, avec 25.000 salariés.

Pour justifier ce rapprochement, Diebold invoque la nécessité de constituer un géant du secteur, à même de se développer dans les services et les logiciels, pour moins dépendre de la vente des automates eux-mêmes. Cette fusion aboutira à la création du numéro un mondial des automates bancaires, avec une part de marché de 35% et un parc d'un million de systèmes installés sur la planète bancaire. 

Diebold est présent en France via les automates de marque BulI, activité qu'il avait rachetée au débit des années 2000. Fort de nouveau rachat, il dépassera nettement NCR, numéro deux mondial, avec une part de 25%, selon des analystes.

Deux fabricants totaliseront 60% du marché mondial

Avec 60% du marché mondial, ces deux fournisseurs américains distancent les autres spécialistes des distributeurs de billets et autres guichets automatiques bancaires que sont notamment les Japonais Fujitsu et Hitachi-Omron. Au moins 67,6% des actions Wincor devront être apportées à l'offre de Diebold pour assurer le succès de cette opération qui dégagerait au moins 160 millions de dollars (environ 150 millions d'euros) de synergies par an.

Dette comprise, l'offre valorise la société allemande à 1,7 milliard d'euros. Confrontée à la morosité du marché de la banque de détail en Allemagne, à un contexte dégradé en Russie et en Chine, à la lenteur du redressement des dépenses d'investissement en Europe et à la baisse des prix de ses appareils, elle cherchait des solutions pour assurer son avenir.

Son résultat brut d'exploitation (Ebitda) a chuté de 86% à 22 millions d'euros sur son exercice fiscal 2014/15 à fin septembre, à la suite d'une restructuration de ses activités et de réductions d'emplois. La société allemande n'a pas versé de dividende cette année.

Frédéric Bergé