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Mis sous pression par un fonds activiste, Commerzbank pourrait supprimer jusqu'à 11.000 postes

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- - AMELIE QUERFURTH / AFP

La deuxième banque allemande, qui cumule les difficultés depuis plusieurs années, est désormais pressée par le fonds américain Cerberus qui réclame des coupes budgétaires drastiques.

Commerzbank accélère sa restructuration. Le groupe, qui enchaîne les plans de réduction de postes depuis 2016, pourrait annoncer 7.000 nouvelles suppressions, s'ajoutant aux 4.300 déjà annoncées à l'autonome dernier. Selon le journal Börsen-Zeitung, la banque pourrait aussi prévoir la fermeture de 400 agences, au lieu des 200 prévues en septembre, sur un total d'un millier d'agences. Le tout d'ici 2023.

Si la banque a refusé de confirmer cette annonce, elle devrait bien être proposée au conseil de surveillance du groupe. "Différentes options et scénarios sont actuellement étudiés. Aucune décision n’a encore été prise" assure un porte-parole.

Dans le viseur d'un fonds activiste

La banque a fortement souffert de l'environnement de taux d'intérêts très bas et a vu sa valorisation fondre en quelques années, à l'instar de sa concurrente Deutsch Bank. Les deux entités avaient tenté de fusionner, en 2019, sans succès. 

Depuis Commerzbank tente de retrouver un nouveau souffle. Mais un nouvel acteur est venu accélérer cette restructuration. En 2017, le fonds activiste américain Cerberus est devenu le deuxième actionnaire de la banque (derrière l'Etat allemand et ses 15%) avec 5% du capital.

Exigences américaines

Récemment, Cerberus s'est fendu d'une lettre au conseil de surveillance pour réclamer des changements, rappelant que Commerzbank a perdu près de 60% de sa valeur en seulement trois ans. Commerzbank est aujourd'hui valorisé 4,9 milliards d'euros en Bourse. Le fonds a surtout réclamé deux sièges au conseil, sans succès. 

La banque a rejeté les demandes mais ces nouvelles coupes semblent ainsi destinées à calmer la fronde et répondre aux exigences des Américains.

En 2016, Commerzbank annonçait déjà un plan de réduction de 9.600 postes à l'horizon 2020, déjà bouclé.

Thomas Leroy