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Les conseils de Mario Draghi pour retrouver la croissance

Mario Draghi a notamment appelé à réformer le marché du travail.

Mario Draghi a notamment appelé à réformer le marché du travail. - -

Le président de la Banque centrale européenne a expliqué, lors de son audition devant les commissions des finances et des affaires européennes de l'Assemblée, ce 26 juin, que les Etats doivent eux-mêmes créer les conditions de la reprise.

Son prédécesseur, le Français Jean Claude Trichet, n'avait pas pour habitude de se confronter aux élus des parlements nationaux. Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), a lui relevé le défi, ce mercredi 26 juin, en étant auditionné par les commissions des finances et des affaires européennes de l'Assemblée nationale.

Une question est souvent revenue dans la bouche des députés: la BCE peut-elle aller plus loin dans son mandat pour renforcer la croissance? Réponse de Mario Draghi: "il n'y a pas d'incompatibilité dans le mandat de la BCE avec la croissance". "Et dans le cadre de notre mandat, nous avons déjà été très actif", a-t-il justifié.

Mais très vite, Mario Draghi a renvoyé la balle dans le camp des Etats. "Les résultats de notre politique monétaire ne sont pas sans limite (…) si la croissance se tasse du fait d'une production insuffisante ou d'une érosion de la compétitivité des entreprises, la banque centrale n'a pas la capacité de résoudre le problème", a-t-il reconnu.

Réformer le marché du travail

Mario Draghi a esquissé quelques pistes. Il a notamment appelé à ce que "l'assainissement budgétaire soit autant que possible propice à la croissance". Il préconise ainsi de faire baisser la pression fiscale "pour conforter les revenus disponibles des citoyens" afin de favoriser la consommation et, par ricochet, l'investissement.

Autre axe: les réformes structurelles et de compétitivité. Mario Draghi a notamment conseillé de "réduire les barrières à l'entrée pour les nouvelles entreprises et les jeunes et lever les obstacles qui entrave l'activité comme la complexité des loi fiscal et du droit du travail".

Mario Draghi a plus spécialement évoqué le marché du travail, "où se sont les jeunes qui pâtissent le plus du manque du réforme". Il a assuré constater "des améliorations" dans la plupart des pays de la zone euro "où le coût unitaire de la main d'œuvre diminue".

Mais "l'écart entre les salaires et la productivité demeure" et "cet écart doit être réduit pour favoriser l'emploi". S'il n'a pas expressément nommé la France, le Conseil d'analyse économique avait souligné, dans une étude, combien l'Hexagone est touchée par ce problème.

19 millions de sans emploi dans la zone euro

Charge donc aux gouvernements nationaux de prendre note de ces conseils pour favoriser la reprise et endiguer le chômage. Sur ce dernier point, Mario Draghi a rappelé que "19 millions de personnes n'ont pas d'emploi dans la zone euro", phénomène qu'il a qualifié de "tragédie".

Il a en profité pour saluer l'initiative franco-allemande sur ce sujet, qui sera présentée lors du Sommet européen des 27 et 28 juin. Selon lui ce plan "profite à la majorité et exprime la solidarité entre les citoyens".

Enfin, alors que Jérôme Cahuzac va, lui aussi, être auditionné par les parlementaires français, cet après-midi, Mario Draghi a critiqué l'évasion fiscale. "A un moment où nous demandons aux citoyens et aux plus faibles de faire des sacrifices, il faut combattre" ce phénomène "et remporter cette bataille".

Julien Marion