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Les bons résultats du Crédit Mutuel Arkéa confortent son projet de scission

Le groupe bancaire mutualiste a gagné 176.000 nouveaux clients (+4,3%) dont le nombre total atteint 4,24 millions.

Le groupe bancaire mutualiste a gagné 176.000 nouveaux clients (+4,3%) dont le nombre total atteint 4,24 millions. - Damien Meyer-AFP

Avec un bénéfice net qui bondit de 27% et un produit net bancaire en hausse de 12,8%, la banque mutualiste enracinée dans l'ouest enregistre une année 2017 record. Des résultats qui renforcent son projet de séparation de la confédération nationale du Crédit Mutuel, dont l'une des conséquences est un changement de nom.

Crédit Mutuel Arkéa (CMA) concilie une solide santé financière avec des indicateurs bancaires au beau fixe. La banque mutualiste installée dans l'Ouest a dégagé en 2017 un bénéfice net en hausse de 27,3% à 428 millions d'euros. Le produit net bancaire (l'équivalent du chiffre d'affaires) du CMA, qui regroupe les fédérations du Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central, ainsi qu'une trentaine de filiales spécialisées, est aussi nettement en hausse, de 12,8% à 2,09 milliards d'euros.

L'année 2017 a été "extrêmement accomplie", s'est félicité Jean-Pierre Denis, le président d'Arkéa, évoquant une "année de tous les records". Fort de cette croissance, il se trouve désormais à la tête d'un groupe (au siège basé au Relecq-Kerhuon près de Brest) qui a franchi le cap des 10.000 salariés.

Le banque a gagné plus de 176.000 nouveaux clients (+4,3%) pour atteindre un total de 4,24 millions de clients, grâce notamment aux activités de banque en ligne et d'assurance. Et son cœur de métier de banquier se porte plutôt bien puisque les encours de crédit ont atteint 50,1 milliards d'euros, en hausse de 7,7%.

"Au-delà des spéculations de la Confédération sur l'avenir du groupe Arkea et sa capacité à voler de ses propres ailes, je pense qu'il faut s'en tenir aux chiffres. On aura du mal a expliquer au vu des ratios (...) qui sont les nôtres que le groupe Arkea n'a pas tout d'un groupe indépendant", a souligné Jean-Pierre Denis, évoquant le conflit l'opposant à son organe central, la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM).

Les grandes manœuvres ont été lancées par Arkea pour quitter le giron de la CNCM. Dans les prochaines semaines, les caisses locales auront leur mot à dire et seront consultées sur ce divorce. En cas de vote favorable à la scission, elles auront encore à se prononcer à l'automne 2018 sur un projet abouti d'indépendance par rapport à la confédération, tandis que les instances représentatives du personnel seront parallèlement consultées. La création, de fait, d'un nouveau groupe bancaire mutualiste, nécessitera toutefois a minima des autorisations réglementaires des régulateurs bancaires qui ne sont pas acquises d'avance.

Parmi les autres conséquences qu'entrainera la scission sera l'abandon du nom Crédit Mutuel. Les discussions ont déjà lieu pour rebaptiser la banque au cas où le divorce serait acté. À propos du futur nom de baptême, celui-ci "évoquera une banque coopérative et mutualiste implantée en Bretagne", suggère Jean-Pierre Denis, cité par le quotidien régional Ouest-France.

Frédéric Bergé avec AFP