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Les banques promettent d'accorder 3% de crédits en plus aux PME

A l'issue d'un entretien avec le président Nicolas Sarkozy, Baudoin Prot, directeur général de BNP Paribas et président de la Fédération bancaire française a déclaré que les banques françaises s'étaient engagées à porter les crédits aux petites et très pe

A l'issue d'un entretien avec le président Nicolas Sarkozy, Baudoin Prot, directeur général de BNP Paribas et président de la Fédération bancaire française a déclaré que les banques françaises s'étaient engagées à porter les crédits aux petites et très pe - -

PARIS - Les banques françaises se sont engagées à prêter 96 milliards d'euros aux petites et très petites entreprises (PME et TPE) en 2010, soit une...

PARIS (Reuters) - Les banques françaises se sont engagées à prêter 96 milliards d'euros aux petites et très petites entreprises (PME et TPE) en 2010, soit une augmentation de plus de 3% par rapport à 2009.

Le directeur général de BNP Paribas a précisé après un entretien avec Nicolas Sarkozy que cette enveloppe comprenait 38 milliards d'euros de crédits à moyen et long terme (+6% par rapport à 2009), et 58 milliards à court terme.

"Les banques françaises sont très soucieuses de continuer à être en mesure de financer l'économie française", a assuré Baudouin Prot, également président de la Fédération bancaire française (FBF).

Il a cependant laissé entendre que la réforme des normes prudentielles en discussion au Comité de Bâle, qui supervise le secteur bancaire mondial, serait, de ce point de vue, "cruciale".

Les dirigeants des cinq principales banques françaises, réunis à l'Elysée par le chef de l'Etat, ont aussi promis de réduire à 15 jours les délais pour l'octroi aux PME et TPE de financements pour des besoins courants.

Selon un communiqué de l'Elysée, ils se sont par ailleurs engagés à "apporter une attention particulière aux demandes de fonds propres" des PME et TPE indépendantes.

Nicolas Sarkozy reproche régulièrement aux banques de ne pas en faire assez en matière de crédit aux entreprises, notamment pour les PME et TPE. Lors d'un déplacement dans le Loir-et-Cher, en février, il avait ainsi jugé "inacceptables" les difficultés rencontrées par les entreprises pour se financer.

Il rappelle tout aussi régulièrement que l'Etat est venu au secours des banques françaises pour les aider à surmonter la crise financière de 2008-2009.

"Les TPE et les PME ont interpellé le président Sarkozy lors de ses déplacements en région, c'est pour ça qu'il a fait cette réunion", estimait vendredi un responsable de FBF.

"Mais les banquiers, sur le terrain, ont le sentiment que les reproches qui leur sont faits sont injustes", ajoutait-il.

La FBF fait valoir que les encours de crédit des 12 banques qui ont bénéficié d'un soutien de l'Etat n'en ont pas moins progressé de 2,7% en 2009 - +2,7% aussi pour les seuls PME-TPE.

SARKOZY RÉPOND AUX INQUIÉTUDES SUR BALE III

C'était la huitième fois que le chef de l'Etat convoquait les dirigeants des banques françaises depuis l'automne 2008.

Selon un communiqué de la présidence, il leur a demandé de "rester pleinement mobilisées pour assurer le financement de l'économie dans la période de reprise qui s'annonce".

Il a particulièrement insisté sur l'accès des PME et TPE au crédit de trésorerie et demandé aux réseaux bancaires de "tout mettre en oeuvre pour que ces entreprises puissent bénéficier des concours nécessaires pour leur développement".

Le chef de l'Etat a cependant, semble-t-il aussi, entendu les banques qui s'inquiètent des effets d'un durcissement par le Comité de Bâle de la réglementation bancaire.

Selon un communiqué de la FBF, les banquiers convoqués ont "solennellement alerté les pouvoirs publics français" sur la menace que feraient peser sur le financement de l'économie les futures normes sur les fonds propres et les liquidités.

Pour les spécialistes du secteur, une réglementation trop contraignante sur les fonds propres pourrait amener les banques à réduire le crédit et contrarier la sortie de crise.

Nicolas Sarkozy a donc souhaité que l'impact des futures règles dites "Bâle III" sur le financement de l'économie soit évalué avant leur mise en oeuvre, rapporte l'Elysée.

Il a aussi insisté sur la nécessité de faire adopter en 2011 les normes actuelles, dites de "Bâle II", par toutes les places financières pour harmoniser les conditions de concurrence.

Il n'en a pas moins de nouveau demandé aux banques françaises de faire preuve de modération dans la distribution de bonus à leurs collaborateurs.

Le Premier ministre François Fillon, la ministre de l'Économie Christine Lagarde, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, et le médiateur du crédit, Gérard Rameix, ont aussi participé à cette réunion.

Organisée au lendemain d'un discours de Nicolas Sarkozy sur la relance de la politique industrielle en France, elle intervient aussi à huit jours du premier tour d'élections régionales difficiles pour la majorité présidentielle.

Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet