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Les assureurs planchent sur un régime d'assurance catastrophe sanitaire obligatoire

"Nous travaillons pour faire des propositions aux pouvoirs publics pour le début de l'été" explique sur BFM Business Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France et vice-président de la Fédération Française de l'Assurance.

Les assureurs n'en démordent pas : la perte d'exploitation des entreprises, liée à la pandémie actuelle, ne peut pas être prise en charge, au risque de mettre tout le secteur à genoux. Si les professionnels se sont engagés à faire de nouveaux efforts, notamment en abondant un peu plus le fonds d'indemnisation, ils réfléchissent surtout à l'avenir, main dans la main avec Bercy. "Il s'agit d'imaginer un système de partenariat public/privé qui permet de faire face aux catastrophes sanitaires" explique sur BFM Business Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France et vice-président de la Fédération Française de l'Assurance.

En clair, il s'agirait de calquer le dispositif sur celui des catastrophes climatiques. "Les assureurs interviennent en premier niveau, et lorsque les primes sont épuisées, c'est l'Etat qui donne sa garantie et qui intervient pour faire face à des évènements d'ampleur exceptionnelle, comme récemment en 2017" quand les cyclones Irma et Maria ont frappé les cotes des Antilles françaises, rappelle le patron. "Le problème, c'est que ce type de dispositif n'a pas été pensé pour les catastrophes sanitaires."

Fixer les règles du jeu

"Concernant les catastrophes climatiques, le dispositif existe depuis près de 40 ans. Ce qui signifie que l'on a le temps de constituer les réserves, de fixer les règles du jeu, de mobiliser les acteurs" pointe Jean-Laurent Granier. "Aujourd'hui, nous prévoyons en tant qu'assureurs de travailler aux côtés des pouvoirs publics pour définir un régime pour l'avenir, ce qui voudra dire : avoir des règles du jeu, définir qui peuvent être les bénéficiaires, comment se déclenche à l'initiative de l'Etat ce dispositif et comment joue le partenariat public/privé avec une prise en charge des assureurs au premier niveau mais une garantie de l'Etat qui intervient au-delà."

Ainsi, d'une certaine façon, le fonds d'indemnisation mis en place "préfigure un fonctionnement de ce type" indique l'assureur qui souligne que "des propositions aux pouvoirs publics" seront faites "pour le début de l'été."

Solidarité nationale

Reste encore à connaître sa nature. Cela devrait ressembler à un produit obligatoire. "Ce type de régime, pour qu'il fonctionne, il faut effectivement qu'il soit obligatoire pour qu'il soit étendu au plus grand nombre" explique Jean-Laurent Granier. "Regardez, en terme de catastrophes naturelles, si on avait uniquement les gens de la frange côtière, de la Côte d'Azur et de la façade ouest de la France qui cotisaient, et que les Auvergnats ou les Limougeauds n'étaient pas concernés, il ne serait pas possible d'organiser une solidarité nationale. Il faut donc que ce soit établi à grande échelle et ensuite que ce soit réservé à des catastrophes particulièrement massives comme celle que nous connaissons."

Thomas Leroy