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Les artisans et les commerçants dénoncent la "trahison" de leurs assureurs

Invité de 12H, l'Heure H, Alain Griset, président de l'Union des entreprises de proximité, revient sur la question de la prise en charge des pertes d'exploitation suite à l'épidémie, une prise en charge refusée par les assureurs.

Le bras de fer se poursuit entre les commerces et les assureurs sur la question épineuse de la prise en charge des pertes d'exploitation. Les premiers estiment que leurs assureurs ne jouent pas le jeu, tandis que ces derniers expliquent qu'une épidémie n'est pas considérée comme un risque couvert par les contrats.

Mais pour Alain Griset, président de l'Union des entreprises de proximité (qui représente pas moins de 3 millions d'artisans et de commerçants) "il y a un pas entre le juridique et la vraie réalité", souligne-t-il dans l'émission "12h, l'Heure H" sur BFM Business.

Le responsable, qui ce mardi a eu une longue réunion avec les représentants de l'assurance, souligne que le secteur "voit bien qu'il y a un vrai sujet et que les assureurs sont souvent un élément de confiance pour nos entreprises". Mais que dans le même temps "beaucoup de nos collègues considèrent qu'il y a une forme de trahison".

Et d'expliquer: "au moment où la difficulté est là, ils attendaient des assureurs une plus grande écoute, une plus grande compréhension. Et donc au-delà de l'aspect juridique, je pense que les assureurs ont tort de na pas contribuer plus à l'accompagnement de nos entreprises".

"Le bras de fer est toujours là"

Et malgré les discussions et la pression du gouvernement, "le bras de fer est toujours là", estime Alain Griset même si "quelques compagnies commencent à ouvrir la porte" en prenant en charge les pertes d'exploitation des restaurateurs notamment, "mais il faut que d'autres assureurs prennent le même chemin".

Rappelons que sur BFM Business, Florence Lustman, présidente de la Fédération française de l'Assurance (FFA) répétait la semaine dernière que le risque pandémique ne peut pas être couvert en tant que tel par les assureurs. Mais que le secteur planche sur un futur dispositif d'indemnisation.

En attendant, le secteur de l'assurance a fait le choix "de faire confiance à l'Etat (qui) a mis en place un fonds de solidarité précisément pour indemniser ces TPE, ces indépendants, ces artisans commerçants et on s'est dit le mieux c'est d'abonder ce fonds et comme ça l'Etat répartira équitablement ces moyens que nous mettons à disposition", soit 400 millions d'euros. "C'est absolument colossal et c'est le choix que nous avons fait".

Olivier Chicheportiche