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Le Crédit Mutuel augmente sa participation dans le capital de Cofidis qui passe à 80%

Sur BFM Business, Daniel Baal, directeur général du Crédit Mutuel Alliance Fédérale et président du conseil de surveillance de Cofidis, explique pourquoi il a décidé de monter en puissance dans le capital de la société de crédit en ligne et de porter sa participation à 80%.

Quelles raisons poussent le Crédit Mutuel Alliance Fédérale à augmenter, au fil des ans, sa participation au capital de Cofidis? Dans l'émission Good Morning Business ce mercredi, Daniel Baal tient, avant tout, à rappeler l'histoire de cette société de crédit. Une histoire qui fait aussi sa force.

"Cela fait un peu plus de dix ans maintenant que nous sommes actionnaires de référence de Cofidis. La précédente crise, celle de 2008, nous a amenés à venir dans cette belle entreprise du Nord, basée à Villeneuve-d'Ascq", explique le directeur général du Crédit Mutuel Alliance Fédérale et président du conseil de surveillance de Cofidis,.

Neuf pays en Europe, plus de 5.000 salariés

A l'origine, cet organisme de financement de crédit, notamment à la consommation, appartenait aux 3 Suisses. Il avait pour mission de financer les achats réalisés via le catalogue papier de vente par correspondance.

"Entre temps, tout a beaucoup changé", relate Daniel Baal. "Ça a d'abord été le crédit par téléphone et aujourd'hui c'est l'ensemble du crédit à distance. Et nous nous développons aujourd'hui à travers l'Europe. Neuf pays en Europe, plus de 5.000 salariés, dont 2.500 en France. Et en France, on travaille à distance. On travaille à Villeneuve-d'Ascq. Et dans cette période de crise, beaucoup ont travaillé en télétravail. C'est également une mutation très forte parce qu'il faut continuer à accompagner nos clients qui, aujourd'hui, ont forcément des besoins en matière de crédit", estime-t-il.

Vers un rachat de 100% des parts

A la question: "une montée au capital de Cofidis à 100% est-elle envisagée?", le président du conseil de surveillance de la société de crédit en ligne répond que "Oui. Le sens de l'histoire irait comme cela".

Pour quelle raison? "Parce que nous avons fait ce choix il y a dix ans de venir sur le crédit à la consommation. Crédit Mutuel Alliance Fédérale est très très impliqué sur le marché de l'entreprise et sur le marché du particulier. (…) Notamment dans le crédit immobilier. Contrebalancer avec du crédit court, du crédit à la consommation, semblait à l'époque une bonne décision de gestion et ça s'est confirmé entre temps", assure Daniel Baal.

Mais avec la période de confinement qui vient de s'achever et l'épargne de précaution que les Français ont constituée (laquelle a atteint 55 milliards d'euros supplémentaires en 8 semaines selon l'OFCE), la question de savoir si les crédits à la consommation ont encore le vent en poupe revient sur le tapis.

Une idée que balaye le président du conseil de surveillance de Cofidis, bien qu'il reconnaisse que les Français ne sont pas les plus demandeurs d'Europe en matière de crédit à la consommation. "Le besoin va venir", estime-t-il. "Et là nous devrons être vigilants. Il s'agit d'accompagner les clients qui ont une capacité de remboursement".

"Numéro un au Portugal, numéro deux en Espagne"

Pour Daniel Baal, nul doute que ce segment du crédit en ligne, notamment à la consommation, demeure "un bon business".

Et pour cause: "En dix ans, on a multiplié les résultats par trois dans cette entreprise, donc on n'a pas de doute", poursuit Daniel Baal qui rappelle que Cofidis est aujourd'hui "numéro un au Portugal, numéro deux en Espagne. Ce sont même deux filiales qui se développent très bien et qui sont même des vecteurs pour nous dans cette activité", conclut-il.

Julie Cohen-Heurton