BFM Business

La Libye accuse Société Générale de corruption

Société générale fait l'objet d'accusation de corruption du fonds souverain libyen.

Société générale fait l'objet d'accusation de corruption du fonds souverain libyen. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le fonds souverain libyen annonce ce lundi 31 mars porter plainte contre la banque française devant la Haute cour de Londres. Il l'accuse d'avoir versé des pots de vins à un proche du clan Kadhafi.

La rumeur courait, c'est désormais officiel: le Fonds souverain libyen porte plainte contre Société Générale auprès de la Haute cour de Londres, a-t-il indiqué ce lundi 31 mars. La Libyan Investment Authority (LIA) réclame 1,5 milliard de dollars à la banque qu'elle accuse de corruption.

"Les investissements et les transactions effectués pour le compte de la LIA ont généré de lourdes pertes en raison de malversations et d'actes de corruption", affirme la Libyan Investment Authority.

Les produits structurés d'action mis au point par la banque étaient devenus "l'un des placements favoris du colonel Kadhafi" en 2010, rappelle Le Monde. Le colonel y avait ainsi investi 2,1 milliards de dollars issus de la rente pétrolière, via la LIA. Une somme quasi-intégralement perdue.

Procédure similaire contre Goldman Sachs

Or selon la LIA, SocGen versait des "sommes conséquentes" à un proche d'un fils du colonel Kadhafi à chaque fois qu'elle effectuait une transaction pour le compte de la Libye. Le montant total de ces versements s'élèverait à 58 millions de dollars.

La LIA poursuit également cet individu. Walid Giahmi, le dirigeant de la société Leinada et ami de Saif Kadhafi est soupçonné d'avoir été rémunéré pour jouer les intermédiaires entre Société générale et l'ex-dictateur libyen.

Le fonds souverain libyen avait lancé une procédure judiciaire de même ordre à l'encontre de Goldman Sachs à la fin janvier 2014. Il reprochait à l'établissement d'avoir profité de l'inexpérience de ses responsables pour leur conseiller de mauvais investissements, tout en ramassant au passage de juteux profits pour son propre compte.

La Générale mais aussi JPMorgan et Crédit suisse, font également l'objet d'une enquête des autorités américaines sur ce dossier.

N.G.