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La faillite de Dexia a coûté 6,6 milliards à la France

Dexia n'a pas fini de plomber les finances publiques françaises

Dexia n'a pas fini de plomber les finances publiques françaises - -

La Cour des comptes, dans un rapport publié ce jeudi 18 juillet, a estimé que le naufrage de la banque franco-belge a déjà pesé pour plus de 6 milliards sur les finances publiques françaises. L'addition pourrait encore s'alourdir.

La note est salée. Dans un rapport publié ce jeudi 18 juillet, la Cour des comptes a évalué le coût pour les finances publiques française du naufrage de la banque franco-belge Dexia. Le montant est colossal: 6,6 milliards d'euros de pertes nettes, réparties entre 2,7 milliards d'euros pour l'Etat et 3,9 milliards pour la Caisse des Dépôts. 

Dans le détail, la première recapitalisation de la banque, en 2008, a coûté 1 milliard à l'Etat et 1,7 milliard à la caisse des Dépôts. La seconde, opérée fin 2012, a creusé un peu plus les finances de l'Etat à raison de 2,6 milliards. Enfin, la Caisse des Dépôts a essuyé des pertes de 2,2 milliards d'euros liées à la chute du cours de Bourse de Dexia.

L'Etat a néanmoins récupéré 864 millions via la garantie de 38 milliards d'euros accordée à Dexia pour se refinancer sur les marchés. L'octroi de cette garantie constitue un service rémunéré à hauteur de 0,05%. D'où cette recette de 864 millions.

L'ex-équipe dirigeante en cause

A l'origine de ces déboires, la Cour des comptes a pointé la responsabilité de l'ancienne équipe dirigeante de la banque avant septembre 2008. "La recherche d’une rentabilité toujours plus élevée et la distribution de dividendes substantiels aux actionnaires ont poussé à une croissance très rapide des actifs du groupe, y compris dans la période précédant immédiatement la crise", écrit la Cour.

Une fois la crise survenue, l'édifice s'est effondré. La Cour reproche ainsi à l'ancien conseil d'administration de la banque de "ne pas avoir anticipé ces risques".

La facture n'a pas fini de s'alourdir, car la Cour des comptes pointe plusieurs risques pour l'avenir. Une hausse des taux d'intérêts de long terme en est un, la banque étant dépendante des marchés pour s'approvisionner en liquidités.

La haute juridiction cite également la situation en zone euro comme possible facteur d'aggravation. Elle considère ainsi que le risque d'une nouvelle recapitalisation de la banque n'est pas à exclure.

La fin de Dexia pourrait survenir après 2020

Autre risque pour les finances publiques: des défauts de paiement des collectivités locales liés aux emprunts toxiques.

Par ailleurs, la haute juridiction estime que "l'extinction" de la banque aura "vraisemblablement un horizon bien plus lointain que 2020", date jusque-là avancée. D'ici là, le besoin global de financement de la banque est de 102 milliards d'euros, rappelle-t-elle.

Reste à savoir si l'Etat arrivera à limiter la casse et éviter un scénario proche de celui de la faillite du Crédit lyonnais. D'ici à 2014, le contribuable français doit encore débourser 4,48 milliards pour solder la débâcle de la banque, survenue en 1993.

Julien Marion